À Cannes, il n’y a pas que les paillettes. Si le Festival reste un rendez-vous incontournable pour les professionnels du cinéma, il attire aussi des anonymes prêts à tout pour monter les marches. Problème : face à la demande démesurée, un marché noir s’est développé autour des places pour les projections, notamment les fameuses séances de gala.
Une montée des marches à 100 euros
Sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et WhatsApp, les annonces de revente de billets pullulent malgré leur interdiction formelle. Derrière un tarif d’apparence symbolique (1 euro sur les plateformes), les vendeurs corrigent rapidement le prix réel en privé : 100 euros les deux invitations. Certaines offres vont jusqu’à 150 euros pour une montée des marches ou une place dans une soirée VIP. Parfois, ces transactions s’effectuent à peine voilées via des « clubs sociaux » confidentiels, promettant pour 150 euros un accès facilité à divers événements pendant la quinzaine. Dans les rues de Cannes, d’autres tentent leur chance à l’ancienne, en brandissant des pancartes « Tickets please ».
Une pratique illégale mais persistante
Officiellement, la vente de tickets est interdite par le Festival de Cannes. Les invitations sont personnelles, et les contrevenants s’exposent à des poursuites. En 2024, 13 % des billets n’ont pourtant pas été utilisés ni annulés, créant un espace propice à la revente. Alain, festivalier suisse, raconte s’être vu proposer une place pour une séance de minuit à 100 euros, alors qu’il est facile d’y accéder gratuitement. Parfois, la négociation se solde à zéro euro, preuve que certains cherchent plus à spéculer qu’à vraiment transmettre leurs billets. Pour les plus malins ou les plus patients, il reste les astuces légales : récupération de places de dernière minute, ou usage de la file d’attente spéciale pour les accrédités sans réservation. Mais face à l’aura de Cannes, la tentation du contournement reste forte.