Les dirigeants de 21 économies majeures de la région Asie-Pacifique convergent cette semaine vers la ville historique de Gyeongju, en Corée du Sud, pour participer au forum annuel de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC). Ces réunions, qui ont débuté lundi et se poursuivront jusqu’à samedi, représentent le rassemblement économique régional le plus important de l’année, bien que les perspectives de coopération semblent assombries par de vives tensions commerciales.
Ce sommet risque en effet d’être éclipsé par les récentes politiques commerciales agressives mises en œuvre par l’administration américaine. Les tarifs douaniers mondiaux de grande envergure imposés par le président Donald Trump, ainsi que les impasses commerciales à haut risque avec la Chine et d’autres nations, créent un climat de méfiance qui plane sur les discussions.
L’APEC, créé en 1989, rassemble des économies aussi diverses que les États-Unis, la Chine, le Japon, la Russie, l’Australie et de nombreuses nations d’Asie du Sud-Est. Ensemble, ces membres représentent près de 40% de la population mondiale et environ 60% du PIB planétaire, faisant de ce forum une plateforme cruciale pour la gouvernance économique internationale.
La réunion de cette année intervient à un moment particulièrement délicat pour le commerce mondial, alors que les barrières tarifaires se multiplient et que les chaînes d’approvisionnement restent fragiles. Les observateurs s’attendent à ce que les tensions entre Washington et Pékin dominent les conversations en coulisses, limitant les possibilités de percées significatives sur les dossiers économiques multilatéraux.
Le choix de Gyeongju, ancienne capitale du royaume de Silla, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, devait initialement symboliser la prospérité et la coopération régionale. Cependant, le contexte géopolitique actuel transforme ce sommet en test décisif pour la capacité des économies du Pacifique à dialoguer malgré leurs profondes divergences stratégiques et commerciales.