Les autorités chinoises ont élargi lundi leur alerte aux tempêtes sur l’ensemble de la capitale, appelant les 22 millions d’habitants de Pékin à éviter tout déplacement non essentiel. Cette décision intervient alors que la ville tente encore de se remettre du déluge meurtrier survenu la semaine précédente, le plus violent depuis plus d’une décennie.
Les services météorologiques ont mis en garde contre des précipitations allant jusqu’à 200 millimètres en seulement six heures, à partir de midi. À titre de comparaison, Pékin reçoit en moyenne 600 mm de pluie sur une année entière. Le risque d’inondations éclair et de glissements de terrain est donc particulièrement élevé, notamment dans les zones urbaines à forte densité et les périphéries montagneuses.
La capitale chinoise a déjà payé un lourd tribut entre le 23 et le 29 juillet, avec au moins 44 morts recensés, selon le dernier bilan officiel. La majorité des victimes se trouvait dans une maison de retraite du district de Miyun, au nord-est de la ville, où la montée subite des eaux a piégé des résidents âgés sans possibilité de fuite. Ces drames ont mis en lumière des failles critiques dans les protocoles d’évacuation et les systèmes de prévention des crues.
En parallèle, de nouveaux décès ont été signalés dans d’autres régions touchées. Dans la province voisine du Hebei, au sud de Pékin, l’agence de presse officielle Xinhua a rapporté la mort de trois personnes et la disparition de quatre autres dans un centre de bien-être envahi par les eaux. Des corps continuent d’être découverts au fil des opérations de recherche, menées dans des conditions particulièrement difficiles.
Face à cette nouvelle alerte, les autorités locales ont intensifié les préparatifs : les digues ont été consolidées, les pompes de drainage activées, et les plans d’évacuation mis à jour. Les écoles, bâtiments publics et entreprises ont reçu des consignes strictes de suspension d’activité si nécessaire. Des zones à haut risque, notamment dans les arrondissements situés en contrebas ou à proximité de rivières, ont été placées sous surveillance renforcée.
Ce nouvel épisode de fortes précipitations soulève des interrogations croissantes sur la capacité de la capitale chinoise à faire face à des événements climatiques extrêmes, de plus en plus fréquents. Pékin, comme d’autres grandes métropoles du pays, est confrontée à un double défi : moderniser en urgence ses infrastructures vieillissantes tout en anticipant l’intensification des phénomènes météorologiques provoqués par le changement climatique.
Alors que les pluies continuent de menacer, la population reste sur le qui-vive, encouragée à suivre les bulletins d’alerte et à se préparer à d’éventuelles évacuations. Le gouvernement central a appelé à une mobilisation totale pour protéger les vies humaines, tout en promettant une révision en profondeur des dispositifs de gestion des catastrophes naturelles.