Le Vietnam a intensifié ses activités de construction d’îles dans l’archipel contesté des Spratleys, au point de pouvoir bientôt égaler puis dépasser celles menées par la Chine, selon un rapport publié vendredi par le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), un groupe de réflexion basé à Washington.
D’après les chercheurs de l’Initiative pour la transparence maritime en Asie du CSIS, des images satellites récentes montrent que, depuis le début de l’année, Hanoï a étendu ses opérations de dragage et de remblayage à huit zones jusque-là intactes. Ces travaux s’ajoutent à une campagne d’expansion amorcée en 2021.
Les récifs concernés incluent Alison Reef, Collins Reef, East Reef, Landsdowne Reef et Petley Reefs. Le Vietnam y transforme progressivement ses positions en terres artificielles, consolidant ainsi sa présence sur les 21 rochers et hauts-fonds qu’il occupe déjà dans l’archipel. Il y a seulement quatre ans, la plupart n’abritaient que de simples casemates isolées.
Cette accélération intervient dans un contexte de rivalité accrue en mer de Chine méridionale, où plusieurs pays – notamment la Chine, les Philippines, la Malaisie et le Vietnam – revendiquent des zones maritimes stratégiques. Pékin, qui a mené une vaste campagne de poldérisation et de militarisation dans la région au cours de la dernière décennie, a toujours affirmé sa souveraineté sur la quasi-totalité de la zone.
Pour les analystes, la montée en puissance vietnamienne pourrait modifier l’équilibre des forces locales, tout en accentuant les tensions dans l’une des zones maritimes les plus disputées au monde.