TOKYO – Le Japon envisage de modifier en profondeur son cadre réglementaire pour l’éolien offshore, dans le but de surmonter les blocages actuels et de relancer un secteur crucial pour ses ambitions énergétiques et climatiques. Avec pour objectif d’atteindre 45 gigawatts de capacité installée d’ici 2040, le pays est confronté à une stagnation après plusieurs séries d’enchères sans concrétisation.
Face à la flambée des coûts de construction et aux incertitudes du marché, des poids lourds du secteur comme Mitsubishi ont dû revoir leurs plans. En février, la société a déclaré avoir enregistré plus de 300 millions de dollars de pertes liées à ses projets offshore. D’autres acteurs, comme le géant danois Orsted, ont quitté le Japon, tandis que Shell a réduit ses effectifs dans le secteur local de l’éolien.
Pour tenter de rassurer les investisseurs et relancer les projets, le gouvernement japonais, à travers les ministères de l’Industrie et du Territoire, discute avec les industriels de plusieurs assouplissements. Parmi les mesures envisagées : allonger la durée des concessions à 40 ans (contre 30 actuellement), clarifier les règles sur l’utilisation de navires étrangers dans les zones de développement et permettre la signature de contrats d’achat d’électricité de long terme, plus sécurisants pour les développeurs.
Les autorités étudient également la possibilité de remplacer, pour certains projets existants, le tarif de rachat garanti (FIT) par un tarif indexé sur le marché (FIP), permettant de mieux refléter la réalité des prix de l’électricité. Une telle mesure pourrait notamment bénéficier à Mitsubishi, qui a remporté les premiers appels d’offres.
Actuellement, seulement 10 % de la capacité cible a été attribuée. Bien que le Japon soit arrivé tardivement sur le marché de l’éolien offshore, son ambition a attiré des groupes étrangers tels que RWE, Iberdrola, BP, et Total, qui restent intéressés malgré les difficultés actuelles. En parallèle, le ministère de l’Industrie a déjà averti qu’en cas de retard persistant sur les renouvelables, le pays pourrait devoir augmenter ses importations de gaz naturel liquéfié de plus de 10 % d’ici 2040.
L’industrie espère que ces ajustements créeront un cadre plus stable et attractif, capable de compenser les incertitudes liées aux coûts, aux réglementations et à la demande future. Mais les projets déjà attribués, notamment ceux de Mitsubishi, accusent déjà un retard d’au moins deux ans, et les entreprises attendent toujours des décisions concrètes avant de relancer leurs investissements.