Pékin a vivement réagi mercredi aux déclarations de Taipei minimisant le rôle du Parti communiste chinois dans la lutte contre le Japon durant la Seconde Guerre mondiale, qualifiant cette position de « blasphème » envers la mémoire des soldats tombés au combat.
Ces tensions surviennent alors que la Chine s’apprête à organiser la semaine prochaine un imposant défilé militaire pour marquer le 80e anniversaire de la fin de la guerre. Le gouvernement taïwanais a, de son côté, demandé à ses citoyens de ne pas participer aux commémorations prévues sur le continent, ravivant la bataille des récits historiques entre les deux rives du détroit.
Pour Pékin, le Parti communiste a joué un rôle central dans la résistance contre l’invasion japonaise, amorcée en 1931 par la prise de la Mandchourie orientale puis élargie en 1937. La Chine officielle considère que l’unité nationale forgée durant cette guerre constitue un fondement de sa légitimité politique actuelle.
Taïwan, où s’était replié le gouvernement nationaliste du Kuomintang après la guerre civile de 1949, insiste au contraire sur la contribution décisive de ses propres forces armées dans la victoire alliée. Cette divergence historique est aujourd’hui instrumentalisée dans un contexte de rivalité politique et militaire croissante.
En accusant Taipei de profaner la mémoire des combattants, Pékin cherche à renforcer son discours nationaliste et à marginaliser les autorités taïwanaises sur la scène internationale. De son côté, Taïwan dénonce une récupération idéologique et affirme défendre une lecture « plus fidèle » de l’histoire.
À la veille des cérémonies, cette querelle mémorielle illustre combien la Seconde Guerre mondiale reste un champ de confrontation symbolique et diplomatique entre la Chine et Taïwan, au-delà des tensions militaires et géopolitiques actuelles.