La tension s’est accrue mardi en Indonésie après que la police a tiré des gaz lacrymogènes sur des manifestants près de deux universités de Bandung, grande ville de l’ouest de l’île de Java. Selon des organisations étudiantes et les autorités locales, plusieurs personnes ont été blessées lors de ces dispersions, qui suscitent une vive indignation parmi les défenseurs des droits humains.
Les manifestations, qui se multiplient depuis la semaine dernière, ont déjà fait huit morts. Elles sont principalement alimentées par la colère contre les priorités budgétaires du gouvernement, accusé de privilégier les avantages et indemnités des parlementaires au détriment des besoins sociaux essentiels. L’indignation s’est encore intensifiée après la mort d’un manifestant, percuté par un véhicule de police.
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des étudiants paniqués cherchant à se protéger des nuages de gaz lacrymogènes aux abords des campus, certains semblant gravement incommodés. Plusieurs ONG locales et internationales ont dénoncé un usage disproportionné de la force et appelé à l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violations présumées commises par les forces de l’ordre.
Les autorités défendent l’action des policiers, affirmant que les dispersions étaient nécessaires pour contenir des débordements violents et protéger les bâtiments publics. Mais les critiques redoutent une escalade répressive face à un mouvement étudiant qui gagne en ampleur et en détermination.
Ces manifestations rappellent d’autres épisodes de contestation étudiante en Indonésie, où la rue joue régulièrement un rôle moteur dans la vie politique. Le gouvernement est désormais confronté à la difficulté de calmer la colère sociale sans accentuer les accusations d’autoritarisme et de mépris des droits civiques.