BANGKOK — Deux mois après le puissant séisme de magnitude 7,7 qui a frappé le centre et le nord-est de la Birmanie, la situation humanitaire reste dramatique. Malgré les efforts de reconstruction, des dizaines de milliers de sinistrés vivent toujours dans des abris de fortune, exposés aux vents violents et aux pluies incessantes de la mousson.
Le tremblement de terre du 28 mars a causé des dégâts considérables dans six régions, dont Naypyidaw, la capitale, et Mandalay, la deuxième plus grande ville du pays. Selon le journal officiel Global New Light of Myanmar, le bilan humain s’élève désormais à 3 740 morts et 5 104 blessés. Le travail de récupération des corps se poursuit : cette semaine encore, quatre corps ont été extraits des décombres de l’immeuble Sky Villa à Mandalay. Plus de 100 dépouilles ont été retrouvées sur ce seul site, et les autorités redoutent qu’un grand nombre de victimes soient toujours ensevelies.
La catastrophe s’inscrit dans un contexte humanitaire déjà alarmant. Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indique que près de 20 millions de Birmans ont désormais besoin d’aide, dont deux millions en situation d’urgence en raison du séisme. Depuis le coup d’État militaire de 2021, la Birmanie est plongée dans une guerre civile entre la junte et les forces de résistance, aggravant encore la crise.
Jeudi, lors d’une cérémonie de levée de fonds, le chef de la junte, le général Min Aung Hlaing, a estimé que plus d’un demi-million de personnes issues de 2 081 villages avaient été affectées. Des centaines de routes, ponts, hôpitaux et cliniques ont été détruits ou endommagés.
Le logement reste l’un des défis majeurs. De nombreux rescapés ont quitté les camps d’urgence pour retourner sur les terrains de leurs anciennes habitations, où ils ont érigé des abris sommaires en bâches. À Mandalay, plus de 150 personnes vivent toujours au bord des routes dans des tentes de fortune, sans protection contre les intempéries. “Je n’ai besoin que de tôles pour construire un toit. Je veux juste pouvoir dormir en sécurité chez moi”, a confié Aung Kyaw, un habitant d’Amarapura dont la maison a été détruite.
À Naypyidaw, certains employés de l’État ont été relogés dans des bâtiments préfabriqués temporaires autour de la gare centrale. Mais ailleurs, la majorité des sinistrés tentent de survivre dans des tentes, en attendant une aide qui tarde à arriver.