BANGKOK, 25 juillet – Alors que les affrontements entre la Thaïlande et le Cambodge se poursuivent pour une deuxième journée consécutive le long de leur frontière disputée, les autorités thaïlandaises ont déclaré privilégier les négociations bilatérales avec Phnom Penh, écartant pour l’heure toute médiation étrangère.
Ces combats, les plus violents depuis plus d’une décennie entre les deux pays voisins d’Asie du Sud-Est, ont été marqués par d’intenses échanges d’artillerie dans plusieurs zones frontalières. L’escalade des tensions fait suite à une série d’incidents récents, notamment des accusations mutuelles concernant des violations de territoire et l’usage de mines antipersonnel.
Face à cette montée des tensions, plusieurs acteurs internationaux, dont les États-Unis, la Chine et la Malaisie – qui assure actuellement la présidence tournante de l’ASEAN – ont proposé leurs bons offices pour faciliter le dialogue. Toutefois, Bangkok a décliné ces offres, affirmant sa volonté de résoudre la crise par le biais d’échanges directs avec le Cambodge.
« Je ne pense pas que nous ayons besoin d’une médiation d’un pays tiers pour le moment », a déclaré Nikorndej Balankura, porte-parole du ministère thaïlandais des Affaires étrangères, dans un entretien accordé à Reuters. Selon lui, la Thaïlande reste confiante dans sa capacité à désamorcer la crise par la voie diplomatique, sans intervention extérieure.
Le Premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, a pour sa part confirmé avoir eu des échanges avec les dirigeants des deux pays. Il les a exhortés à mettre fin aux hostilités et à s’engager en faveur d’une solution pacifique, rappelant que tant la Thaïlande que le Cambodge sont membres de l’ASEAN, dont le principe fondamental repose sur la coopération régionale et la résolution non violente des conflits.
Alors que les efforts diplomatiques peinent à porter leurs fruits, la situation reste volatile sur le terrain. Aucune annonce de cessez-le-feu n’a pour l’instant été faite, et les populations civiles des régions frontalières continuent de vivre sous la menace des affrontements.