Le Musée Jacquemart-André consacre son exposition de printemps à un pan encore trop peu montré en France : l’art baroque hispanique. Du 26 mars au 2 août 2026, l’institution parisienne réunit une quarantaine d’œuvres venues de la Hispanic Society of America, à New York, avec un parcours centré sur les grands maîtres du Siècle d’or espagnol, de Greco à Velázquez, sans oublier Zurbarán, Murillo ou Carreño de Miranda.
Une plongée dans l’âge d’or de la peinture espagnole
L’exposition s’appuie sur les collections de la Hispanic Society of America, fondée en 1904 par le mécène américain Archer Milton Huntington, passionné par les cultures hispaniques et lusophones. Ce prêt exceptionnel permet de découvrir à Paris des œuvres rarement visibles en France, issues d’un ensemble muséal de tout premier plan consacré au monde ibérique et à ses prolongements.
Le parcours met en lumière la singularité du baroque espagnol, né au croisement d’influences italiennes et flamandes, mais aussi nourri par l’expansion de l’empire espagnol. La peinture religieuse y occupe une place centrale, portée par l’élan de la Contre-Réforme, avec des compositions conçues pour frapper le regard autant que l’esprit. À côté de cette veine spirituelle, le portrait s’impose comme un autre sommet de la création espagnole, et l’exposition en donne un aperçu marquant avec notamment un Portrait de jeune fille attribué à Velázquez.
Un regard élargi au monde hispanique
L’intérêt de cette exposition tient aussi à son ouverture au-delà de la seule Espagne. Le musée fait dialoguer les œuvres de la péninsule avec celles d’artistes actifs en Amérique latine aux XVIIe et XVIIIe siècles, héritiers des modèles espagnols mais aussi porteurs d’un langage propre, né du métissage entre traditions européennes et cultures locales.
Ce choix permet de montrer que le baroque hispanique ne se limite pas à Madrid ou à Séville, mais qu’il s’est aussi déployé dans les territoires américains de la monarchie espagnole. À travers cette circulation des formes, des sujets et des influences, Splendeurs du baroque dessine un ensemble plus vaste, plus riche et plus vivant que la seule histoire nationale de l’art espagnol. Une manière, aussi, de rappeler que ce foyer artistique majeur reste encore largement à redécouvrir dans les musées français.
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