Prévu ce jeudi 18 septembre, le transfert de la tapisserie de Bayeux vers le Royaume-Uni n’aura finalement pas lieu à la date annoncée. Le déplacement de cette œuvre médiévale vers un lieu temporaire sécurisé avant son exposition au British Museum est reporté de quelques jours, non pas à cause des oppositions scientifiques ou citoyennes, mais en raison d’un mouvement social dans le département du Calvados.
Une décision liée au contexte sécuritaire
C’est le préfet du Calvados qui a annoncé le report, jugeant ne pas pouvoir garantir « la sécurité d’un transfert aussi médiatique et d’une œuvre aussi coûteuse » dans un contexte de mobilisation nationale. Le précédent mouvement du 10 septembre avait nécessité un déploiement conséquent des forces de l’ordre, ce qui a conduit à reporter l’opération prévue ce jeudi. Le transfert aura lieu « dans les prochains jours », selon les autorités.
Longue de 70 mètres et classée au registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO, la tapisserie brodée au XIᵉ siècle retrace la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, en 1066. Elle devait quitter temporairement la France en septembre 2026 pour être exposée à Londres jusqu’en juin 2027, pendant les travaux de rénovation du musée de Bayeux, fermés jusqu’à l’automne 2027.
Une opération très controversée mais maintenue
Ce report ne remet pas en cause la décision de prêter l’œuvre au British Museum. Annoncé par Emmanuel Macron, ce geste diplomatique s’inscrit dans la volonté de renforcer les liens culturels entre la France et le Royaume-Uni. Pourtant, de nombreux experts et conservateurs se sont élevés contre ce déplacement, estimant la tapisserie trop fragile pour supporter un transport.
Les rapports menés depuis 2020 ont mis en lumière l’état préoccupant de l’œuvre : près de 10 000 trous, 30 déchirures et plus de 24 000 taches ont été recensés. Certains spécialistes ont mis en garde contre les « risques supplémentaires » liés à tout transport prolongé, même après une restauration. Malgré cela, le commissaire chargé du projet affirme que la tapisserie « n’est pas intransportable », appuyant ainsi la décision présidentielle.
En attendant que les conditions logistiques et sécuritaires soient réunies, l’un des objets patrimoniaux les plus emblématiques de l’histoire franco-britannique reste pour l’instant en Normandie.