Le théâtre Guignol des Champs-Élysées bientôt restauré ? Un patrimoine populaire à sauver
Le théâtre Guignol des Champs-Élysées bientôt restauré ? Un patrimoine populaire à sauver

Fermé depuis 2019, le plus ancien théâtre de marionnettes de Paris pourrait retrouver vie dans les jardins des Champs-Élysées. La maire du 8e arrondissement souhaite réhabiliter ce lieu historique et y attirer à nouveau familles et touristes.

Une institution parisienne tombée dans l’oubli

En sommeil depuis cinq ans, le théâtre de Guignol installé depuis 1818 dans les jardins des Champs-Élysées est aujourd’hui à l’abandon. Peintures défraîchies, infrastructure délabrée, aucune représentation ne s’y joue plus depuis l’arrêt de son exploitation par José-Luis Gonzalez en 2019. Pourtant, ce castelet en bois, fondé par la famille Guentleur, est un morceau de patrimoine vivant : il apparaît notamment dans Charade avec Audrey Hepburn et dans La Grande Vadrouille de Gérard Oury.

La situation a empiré lorsque François Allain, directeur de la troupe « Guignol & Compagnie », s’est vu retirer la concession du lieu en 2023, en raison des travaux engagés pour les Jeux Olympiques. Il avait pourtant un projet de rénovation estimé à 100 000 euros, mais un bail trop court a freiné toute tentative d’investissement. Aujourd’hui, la maire du 8e arrondissement, Jeanne d’Hauteserre, affirme vouloir relancer le théâtre, avec l’appui de spécialistes et un nouvel appel d’offres prévu. Elle envisage même d’y proposer des spectacles en anglais, afin de capter les nombreux touristes du secteur.

Un art populaire toujours vivant dans la capitale

Si l’avenir du théâtre des Champs-Élysées reste suspendu, l’art de la marionnette, lui, se porte encore bien à Paris. La ville compte aujourd’hui une douzaine de théâtre de Guignol, de Montsouris aux Buttes-Chaumont, en passant par le Jardin du Luxembourg. Certains accueillent jusqu’à 15 000 spectateurs par an, comme le théâtre Guignol des Chanteraines à Gennevilliers, tandis que d’autres, plus modestes, comme celui du parc Anatole, jouent à ciel ouvert aux beaux jours.

Marionnettistes passionnés, héritiers de traditions familiales, ces artistes affirment que le public est toujours au rendez-vous, composé à la fois d’habitués du quartier et de touristes curieux. « C’est plus qu’un métier, c’est une mission », confie Baptiste Rank, gérant du théâtre des Buttes-Chaumont. Le succès populaire du théâtre du Luxembourg, situé sur un terrain géré par le Sénat, en est un exemple frappant : les séances attirent jusqu’à 250 personnes par représentation, malgré une programmation rétro et un décor d’époque.

Pour les défenseurs de la culture parisienne, comme l’habitante Linda Dawudian ou l’association Paris Historique, la sauvegarde du Guignol des Champs-Élysées est essentielle. Mme Dawudian envisage même de solliciter les grandes fortunes du quartier, comme le patron de LVMH, pour financer la restauration. Pour elle, préserver ce théâtre, c’est préserver « l’art de vivre parisien ». Un art en danger, mais dont le rideau pourrait, peut-être, bientôt se relever.

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