Le tatouage méditerranéen à l’honneur au Centre de la Vieille Charité
Le tatouage méditerranéen à l’honneur au Centre de la Vieille Charité

L’exposition Tatouage. Histoires de la Méditerranée, présentée à Marseille jusqu’au 28 septembre 2025, explore la richesse et la diversité des pratiques du tatouage autour du bassin méditerranéen, de l’Antiquité à aujourd’hui.

Une tradition millénaire, entre rites, révoltes et identités

Du premier salon marseillais de 1978 aux pratiques millénaires des femmes d’Égypte ou du Maghreb, l’exposition propose un parcours dense à travers plus de 250 œuvres, objets et documents. Le tatouage, tour à tour marque de protection, outil d’oppression, signe d’appartenance ou revendication politique, y est montré dans toute sa complexité.

Le visiteur découvre les racines antiques de cette pratique avec des objets rares, comme un bol égyptien du Nouvel Empire représentant une musicienne tatouée, ou des statuettes funéraires décorées de motifs rituels. On y observe également l’usage du tatouage comme marque infamante dans l’Empire romain, avant qu’il ne soit récupéré plus tard par les pèlerins chrétiens comme signe de foi.

Le parcours traverse les sociétés maritimes, où les marins méditerranéens arboraient leurs aventures à même la peau, et les traditions africaines où le tatouage et la scarification signalent l’entrée dans l’âge adulte ou le statut social. Une place importante est donnée aux femmes berbères, dont les motifs géométriques tatoués sur le visage et le corps mêlent esthétique, spiritualité et protection.

Marseille et la scène contemporaine en ligne de mire

Si l’exposition puise dans les archives historiques, elle offre aussi un regard actuel. Elle revient sur la relation intime de Marseille avec le tatouage, devenu une signature identitaire pour beaucoup. Des photographies de la série Marseille dans la peau témoignent de cette culture locale forte, à travers des portraits d’habitants arborant fièrement logos, slogans ou symboles de la cité phocéenne.

En écho aux luttes féministes et queer, les œuvres récentes exposées, comme celles de Gaëlle Matata ou de Denis Martinez, montrent comment le tatouage s’est imposé comme outil d’appropriation du corps, entre provocation, libération et affirmation de soi.

Organisée par les Musées de Marseille en partenariat avec plusieurs institutions, dont le musée du quai Branly – Jacques Chirac, cette exposition s’appuie sur une approche transversale mêlant histoire, anthropologie, art contemporain et recherches postcoloniales. Elle fait dialoguer les pratiques traditionnelles avec les formes d’expression actuelles, dans une mise en scène accessible et captivante.

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