L’araignée de Louise Bourgeois tisse à nouveau sa toile à la Tate Modern
L’araignée de Louise Bourgeois tisse à nouveau sa toile à la Tate Modern

Vingt-cinq ans après l’avoir inaugurée, Maman, la sculpture monumentale de Louise Bourgeois, fait son grand retour dans le Turbine Hall du musée londonien pour célébrer un quart de siècle d’audace artistique.

Une œuvre-symbole au cœur des festivités

À l’occasion du 25e anniversaire de la Tate Modern, l’iconique araignée géante de Louise Bourgeois a repris place dans le vaste hall de l’ancien bâtiment industriel, devenu un haut lieu de l’art contemporain. Présentée pour la première fois en mai 2000 lors de l’ouverture du musée, Maman (1999) revient marquer cette date anniversaire, du 9 au 12 mai 2025, dans le cadre d’un week-end de célébrations gratuites. Haute de plus de dix mètres et pesant plusieurs tonnes, la sculpture en acier et marbre accueille à nouveau les visiteurs sous ses pattes immenses et graciles, à la fois inquiétantes et protectrices.

Conçue comme un hommage à sa mère, tisserande décédée alors que l’artiste n’avait que 21 ans, Maman incarne un mélange de force, de vulnérabilité et de mémoire. Pour Louise Bourgeois, la figure de la mère était à la fois refuge et point de rupture. Dans une interview filmée en 2008 (The Spider, The Mistress and The Tangerine), l’artiste affirmait que l’araignée représentait son sujet « le plus réussi », en tant qu’archétype de la mère : nourricière, architecte de la toile, mais aussi présence menaçante. Cette ambivalence est au cœur de l’œuvre.

Une pièce maîtresse dans un parcours de 25 œuvres

La réinstallation de Maman donne le coup d’envoi d’un parcours d’anniversaire inédit, imaginé par la Tate Modern autour de 25 œuvres marquantes de sa collection. Parmi elles : le Téléphone Homard de Salvador Dalí, l’urinoir de Marcel Duchamp, les Seagram Murals de Mark Rothko ou encore Marilyn Diptych d’Andy Warhol. Cette sélection, selon Catherine Wood, directrice de la programmation du musée, « vise à montrer comment l’art, et la Tate elle-même, ont toujours repoussé les limites et remis en question les normes ».

L’œuvre de Bourgeois, avec ses dimensions spectaculaires et sa charge émotionnelle intense, constitue ainsi le point de convergence de ce récit collectif. Elle renoue également avec l’histoire du musée, ayant été l’un des symboles de son ouverture en 2000, puis réapparue une unique fois à l’extérieur du bâtiment lors de la grande rétrospective de l’artiste en 2007. Devenue propriété de la Tate en 2008, cette sculpture phare incarne désormais un pan entier de la mémoire artistique du lieu.

Si la Tate Modern se donne pour mission de faire « voir le monde d’un œil nouveau », comme le rappelle Catherine Wood, Maman, elle, continue de scruter le nôtre avec ses yeux multiples, tissant inlassablement des ponts entre l’intime et l’universel.

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