La cuisine italienne entre au patrimoine immatériel de l’Unesco - un art de vivre célébré
La cuisine italienne entre au patrimoine immatériel de l’Unesco - un art de vivre célébré

Pâtes fraîches, sauces maison, huile d’olive artisanale… Ce mercredi 10 décembre 2025, l’Unesco a officiellement inscrit la cuisine italienne au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Une première reconnaissance d’ensemble pour l’un des piliers identitaires de la péninsule, bien au-delà de ses emblèmes que sont la pizza ou les gelati.

Une reconnaissance mondiale pour une tradition vivante

Déposée en 2023, la candidature italienne faisait partie des 68 dossiers étudiés par le comité réuni cette semaine à New Delhi. À travers cette décision, l’Unesco salue non seulement un ensemble de savoir-faire culinaires, mais aussi un mode de vie fondé sur la transmission, la convivialité et l’ancrage régional.

L’Italie rejoint ainsi la France dont le « repas gastronomique » est reconnu depuis 2010 mais avec une approche différente. Ici, il ne s’agit pas d’un rituel structuré de la table, mais d’une culture du quotidien, profondément enracinée dans les foyers, les trattorias, les marchés et les campagnes.

Un atout culturel et économique majeur

« Cette reconnaissance honore ce que nous sommes, notre identité », a réagi la Première ministre Giorgia Meloni, citée dans un communiqué officiel. Pour son gouvernement, qui valorise largement le label « Made in Italy », cette inscription vient aussi renforcer l’attractivité touristique du pays, déjà leader en Europe sur ce plan.

L’Italie tire en effet une partie significative de ses revenus touristiques de sa réputation gastronomique. De la mozzarella de Campanie aux risotti lombards, chaque région revendique des recettes uniques, souvent transmises oralement de génération en génération.

Une tradition portée par les femmes

Dans les cuisines familiales comme dans les petites auberges, la cuisine italienne se perpétue à travers des gestes simples. « C’est un héritage né de la vision des femmes en cuisine », confiait à l’AFP Leonora Saltalippi, restauratrice à Rome. Elle évoque une tradition façonnée dans la sobriété, mais enrichie par le soin, la patience et l’amour mis dans chaque plat.

Partout dans le pays, les recettes varient d’un village à l’autre parfois même d’une maison à l’autre sans codification écrite. Ce sont ces micro-variations et cette attention au produit local qui font la richesse de la cuisine italienne. Une diversité que cette inscription à l’Unesco vient désormais consacrer.

Une nouvelle étape pour une culture culinaire déjà célébrée

Si des éléments emblématiques de la gastronomie italienne figuraient déjà sur la liste de l’Unesco comme la pizza napolitaine ou le café expresso cette reconnaissance globale marque un tournant. Elle consacre l’ensemble d’un mode culinaire comme patrimoine universel, dans sa variété régionale comme dans son rôle social.

L’Italie célèbre donc aujourd’hui plus qu’un art culinaire : un véritable art de vivre. Un art dont l’inscription au patrimoine immatériel ne fige pas la pratique, mais au contraire en souligne la vitalité, la transmission constante et la place centrale dans la vie quotidienne des Italiens.

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