Figure discrète mais marquante de la danse classique, Jean-Pierre Bonnefous est décédé ce mardi 15 avril à Charlottesville, en Virginie, à l’âge de 82 ans. Le danseur, formé à l’Opéra de Paris avant de connaître une brillante carrière aux États-Unis, laisse derrière lui l’image d’un artiste complet : interprète sensible, enseignant passionné et passeur d’un art qu’il n’a jamais cessé de faire rayonner.
Un ascension fulgurante, des planches de Garnier à la scène américaine
Natif de Bourg-en-Bresse, Jean-Pierre Bonnefous entre dès 1959 dans les rangs du corps de ballet de l’Opéra de Paris, après un passage par son école de danse. Il n’a que 21 ans lorsqu’il reçoit, en 1965, le titre prestigieux de danseur étoile. À l’époque, il s’illustre par sa maîtrise des grands rôles classiques, mais c’est dans les chorégraphies néo-classiques qu’il impose véritablement sa signature, notamment dans les œuvres de George Balanchine, dont il deviendra plus tard l’un des interprètes attitrés.
L’artiste, également proche de Rudolf Noureev — qui l’invite un temps à se produire au Bolchoï —, traverse l’Atlantique en 1970 pour rejoindre le New York City Ballet. George Balanchine l’y accueille comme soliste, lui confiant plusieurs rôles dans ses propres créations, mais aussi dans celles de Jerome Robbins, autre figure incontournable de la scène chorégraphique américaine.
Un passeur de savoir engagé jusqu’au bout
Au début des années 1980, Bonnefous décide de tirer sa révérence en tant qu’interprète pour se consacrer à l’enseignement. Avec son épouse, la célèbre danseuse Patricia McBride, il prend la direction du département danse de l’Université d’Indianapolis. Le couple est ensuite nommé en 1996 à la tête du North Carolina Dance Theater, structure qu’ils guideront ensemble jusqu’au départ de Bonnefous en 2017. Cette deuxième partie de carrière ancrée dans la transmission a renforcé son influence au sein du paysage chorégraphique américain.
Moins connu du grand public, Jean-Pierre Bonnefous a pourtant fait quelques apparitions à l’écran, notamment dans un petit rôle du film Les Diaboliques de Henri-Georges Clouzot (1955), ou encore dans la série télévisée L’Âge heureux en 1966, qui suivait le quotidien de jeunes danseurs à Garnier.
L’Opéra national de Paris, dans un communiqué publié mercredi, salue la mémoire d’un « artiste généreux » et d’un « pédagogue respecté », soulignant son attachement indéfectible à l’exigence et à la beauté du geste.