C’était un 9 septembre - Mort de Toulouse-Lautrec @wikipedia commons
C’était un 9 septembre - Mort de Toulouse-Lautrec @wikipedia commons

Le 9 septembre 1901, Henri de Toulouse-Lautrec meurt au château de Malromé, en Gironde, à l’âge de seulement 36 ans. Marqué dès l’adolescence par une maladie génétique et deux fractures qui stoppent sa croissance, l’artiste, issu d’une grande famille du sud-ouest, a trouvé dans la peinture un refuge et une vocation. Installé très jeune à Montmartre, il devient le chroniqueur de la vie nocturne parisienne, des cabarets et des maisons closes, qu’il immortalise dans un style original, audacieux et d’une grande humanité.

Un peintre hors normes

Né le 24 novembre 1864 à Albi, Lautrec grandit dans une famille aristocratique, mais son infirmité le met à l’écart du monde mondain. Élève des ateliers de Léon Bonnat et de Fernand Cormon, il côtoie Van Gogh, Émile Bernard et Degas, dont il admire les cadrages novateurs. Il s’affranchit vite des codes académiques pour créer un style postimpressionniste singulier, inspiré aussi par les estampes japonaises. Ses œuvres privilégient la modernité des sujets : danseuses de cancan, chanteuses de cabaret, prostituées, artistes de cirque. À travers ses affiches lithographiées, comme la célèbre Moulin-Rouge – La Goulue (1891), il élève l’art publicitaire au rang d’art majeur.

Une vie courte mais intense

Artiste inclassable, Lautrec est aussi un personnage excentrique. Habitué des cabarets, il boit à l’excès, dissimulant son alcool dans une canne creuse. Syphilis et alcoolisme minent rapidement sa santé. Interné en 1899 pour tenter un sevrage, il continue de dessiner sans relâche. En 1901, après plusieurs attaques, il est ramené par sa mère à Malromé, où il s’éteint entouré des siens. Ses derniers mots, adressés à son père chasseur, témoignent encore de son ironie mordante.

Un héritage universel

À sa mort, les musées parisiens refusent d’accueillir l’ensemble de son œuvre, jugée trop scandaleuse. C’est sa ville natale d’Albi qui, en 1922, ouvre le Musée Toulouse-Lautrec dans le palais de la Berbie. Aujourd’hui encore, cette institution conserve la plus vaste collection de ses toiles, affiches et dessins. L’artiste, surnommé par ses contemporains « l’âme de Montmartre », est reconnu comme un maître de la modernité, dont la liberté de regard et la sincérité continuent de fasciner.

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