La Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a accusé l’armée israélienne d’avoir tiré directement mardi sur le périmètre d’un de ses postes de maintien de la paix, situé dans le village de Kfar Shouba, au sud du Liban. Il s’agit du premier incident de ce type depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hezbollah en novembre dernier.
Dans un communiqué publié mercredi, la FINUL a dénoncé non seulement cette frappe, mais également un comportement « agressif » répété des forces israéliennes envers ses Casques bleus, qui mènent leurs opérations conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ce texte, adopté en 2006 à l’issue de la guerre entre Israël et le Hezbollah, vise à instaurer une zone tampon exempte de toute présence armée entre le fleuve Litani et la frontière israélienne.
L’armée israélienne n’a pas immédiatement réagi aux accusations. Mais l’incident soulève des inquiétudes quant à la stabilité de cette région frontalière, déjà sous forte pression depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah en parallèle à la guerre dans la bande de Gaza.
La FINUL a également rapporté qu’une de ses patrouilles, menée conjointement avec l’armée libanaise dans la localité de Maroun al-Ras, avait été ciblée par des lasers mardi, une manœuvre qu’elle attribue aussi aux forces israéliennes. Ces provocations s’inscrivent dans une série de violations présumées de la « Ligne bleue », la démarcation reconnue par l’ONU entre le Liban et Israël.
Malgré l’accord de cessez-le-feu, Israël continue de mener des frappes ponctuelles contre des infrastructures supposées du Hezbollah dans le sud du Liban et dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du mouvement chiite soutenu par l’Iran. Tel-Aviv affirme que ces opérations visent à neutraliser des menaces directes. De son côté, le Hezbollah avait ouvert le feu au début du conflit à Gaza, en signe de solidarité avec le Hamas, déclenchant ainsi une escalade durable.
Le Liban et Israël s’accusent mutuellement de ne pas respecter les engagements de l’accord de 2006. Tandis que le Hezbollah conserve des capacités militaires significatives dans la région frontalière, Israël continue de maintenir des positions militaires sur des hauteurs contestées dans le sud du Liban. Malgré deux tirs de roquettes récents depuis le Liban, le Hezbollah a nié toute implication.
La FINUL, qui opère dans un environnement de plus en plus complexe, appelle au respect strict de la résolution 1701 afin de prévenir toute détérioration supplémentaire de la situation sécuritaire dans cette région hautement sensible du Moyen-Orient.