WEST PALM BEACH (Floride) — Dans une interview accordée à Meet the Press de NBC, le président Donald Trump a tenu des propos ambigus sur un principe fondamental de la démocratie américaine : le droit à une procédure régulière, garanti par la Constitution. Interrogé sur le fait de savoir si ce droit s’appliquait à tous, citoyens comme non-citoyens, il a répondu : « Je ne sais pas. Je ne suis pas avocat. »
Cette déclaration, faite alors que son administration franchit le cap symbolique des 100 jours, risque d’alimenter davantage les inquiétudes de ses détracteurs, qui l’accusent depuis longtemps d’éroder l’État de droit.
L’exemple cité dans l’interview est celui de Kilmar Abrego Garcia, un Salvadorien résidant légalement dans le Maryland, expulsé par erreur vers le Salvador où il est aujourd’hui détenu sans contact avec l’extérieur. Bien que la Cour suprême ait ordonné le retour de Garcia aux États-Unis, Trump refuse, affirmant qu’il s’agit d’un membre de gang et l’utilise comme emblème de sa politique anti-immigration.
« Je suis élu pour les expulser d’ici, et ce sont les tribunaux qui m’en empêchent », a-t-il déclaré, avant d’assurer que ses juristes « brillants » se conformeraient à la décision de la Cour suprême.
Canada, 51e État ? Peu probable, dit Trump
Interrogé sur sa rhétorique concernant le Canada, qu’il affirme vouloir intégrer comme « 51e État », Trump a atténué ses propos en assurant qu’une intervention militaire est « hautement improbable ». Il a toutefois laissé planer le doute sur le Groenland, qu’il qualifie d’« enjeu stratégique ». L’idée d’une annexion du territoire danois n’est pas nouvelle dans son discours, bien qu’elle reste largement fantaisiste sur le plan diplomatique.
L’économie : ralentissement ou relance à venir ?
Alors que les économistes évoquent un risque croissant de récession, Trump a rejeté ces prévisions. « Certains disent que ce sera la meilleure économie de l’histoire », a-t-il affirmé. Selon lui, les bons indicateurs économiques sont le fruit de sa politique, et les mauvais… de son prédécesseur Joe Biden.
Concernant les effets de sa guerre commerciale, il a balayé les critiques : « Les enfants n’ont pas besoin de 30 poupées. Trois suffisent. »
Un troisième mandat ? « Ce n’est pas l’objectif »
Trump, qui flirte régulièrement avec l’idée d’un troisième mandat malgré l’interdiction constitutionnelle, a assuré ne pas en faire une priorité. « Je veux quatre grandes années, puis passer le relais à un grand républicain », a-t-il dit, en citant le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio comme figures montantes.
Mais il n’exclut pas totalement la possibilité : « Il existe des moyens », a-t-il déjà affirmé en mars.
Dans un climat politique tendu, cette interview illustre à quel point Trump reste fidèle à sa stratégie : repousser les limites, provoquer ses adversaires et consolider son emprise sur le Parti républicain.