Le président américain Donald Trump a ordonné l’ouverture d’investigations visant plusieurs musées du pays, notamment à Washington, qu’il accuse de promouvoir une lecture « biaisée » et « militante » de l’histoire américaine. En ligne de mire : la place trop importante, selon lui, accordée à l’esclavage et aux questions raciales.
Une offensive politique contre le récit historique des musées
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a qualifié les musées américains de « derniers bastions du wokisme », annonçant qu’il avait demandé à ses procureurs de « passer en revue » leur ligne éditoriale, dans la droite ligne des contrôles déjà imposés aux universités. Il cible particulièrement la Smithsonian Institution, qui gère une vingtaine d’établissements culturels à Washington, jugée « hors de contrôle » pour sa présentation « sombre et biaisée » de l’histoire nationale.
L’annonce intervient dans un contexte de préparation des célébrations du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis, prévues pour 2026. Pour l’exécutif, il s’agit d’un « réalignement » des institutions culturelles avec une « vision fondée sur la vérité et la raison », selon une lettre envoyée récemment par la Maison Blanche à la Smithsonian. Le président estime que les musées exagèrent les « méfaits de l’esclavage » et passent sous silence « les réussites et la grandeur » du pays.
Contrôle idéologique renforcé à l’approche de 2026
Ce durcissement s’inscrit dans une politique plus large menée par Donald Trump depuis plusieurs mois pour reprendre la main sur les contenus des institutions culturelles et éducatives. En mars, il a signé un décret présidentiel renforçant le pouvoir exécutif sur les musées publics, qu’il accuse d’« endoctrinement idéologique » et de « révisionnisme historique » encouragé sous les administrations Obama et Biden.
Cette stratégie vise aussi le Kennedy Center de Washington, également soumis à un audit. Le gouvernement justifie cette reprise en main par la nécessité de présenter une image unifiée et « fidèle » du pays à l’approche des festivités nationales. Pour Trump, l’usage du mot « woke », historiquement associé à la vigilance face aux injustices raciales, est devenu synonyme de « dérive militante ». Il entend désormais en extirper toute trace de l’espace public et institutionnel.