Le chef de la police de Londres a défendu mercredi l’arrestation du scénariste irlandais Graham Linehan, estimant que ses agents se trouvaient dans une « position impossible », coincés entre la défense de la liberté d’expression et la nécessité d’agir contre les contenus jugés criminels.
Linehan, co-créateur des célèbres séries comiques Father Ted et The IT Crowd, a affirmé mardi avoir été interpellé par des policiers armés à l’aéroport londonien de Heathrow. Il est soupçonné d’« incitation à la violence » en lien avec des publications sur X (anciennement Twitter), où il s’est montré à plusieurs reprises très critique à l’égard du militantisme transgenre.
L’affaire a provoqué une vive controverse au Royaume-Uni, alimentant les débats sur les limites de la liberté d’expression. Des défenseurs de ce principe ont dénoncé une dérive autoritaire. Le tabloïd Daily Mail titrait en une : « Quand la Grande-Bretagne est-elle devenue la Corée du Nord ? »
Dans un communiqué, le commissaire Mark Rowley a expliqué que ses agents disposaient de « motifs raisonnables » pour estimer que Linehan avait commis une infraction d’ordre public. Mais il a reconnu que la frontière était parfois floue et que la police était contrainte, par les lois en vigueur, de traiter comme des crimes certains signalements qui relèvent de débats d’opinion.
Rowley a ajouté que, dans les cas où la menace de violence est manifeste, l’intervention de la police est généralement approuvée, mais que dans des situations moins claires, les agents sont placés dans une « impasse », résultat selon lui de choix politiques accumulés depuis des années.
Cette arrestation, sur fond de vifs clivages autour des questions de genre au Royaume-Uni, illustre la difficulté croissante des forces de l’ordre à gérer les tensions sociétales sans être accusées soit de réprimer la liberté d’expression, soit de tolérer des discours dangereux.