Alors que l’Assemblée nationale s’apprête à débattre du texte sur l’aide à mourir, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a vivement critiqué la proposition de loi, la qualifiant de « profondément déséquilibrée » et de « texte de rupture anthropologique ». Selon lui, cette initiative ferait « sauter tous les verrous » et rendrait « plus facile de demander la mort que d’être soigné ». Il affirme vouloir se battre pour le développement des soins palliatifs plutôt que pour une légalisation de l’euthanasie.
Un débat éthique entre dignité et conservatisme
En face, la chanteuse Line Renaud et l’ex-Premier ministre Gabriel Attal défendent dans La Tribune Dimanche une approche fondée sur la compassion et le droit à choisir sa fin de vie. « Certains peuvent vouloir arrêter de souffrir », écrivent-ils, estimant qu’opposer un refus par pur conservatisme revient à « imposer sa morale » au détriment des malades. Tous deux plaident pour un encadrement rigoureux mais humain de l’aide à mourir.
Fin avril, la commission des Affaires sociales de l’Assemblée a validé le principe de permettre à des malades en phase avancée ou terminale, souffrant d’une affection grave et incurable, de demander une substance létale. La ministre de la Santé Catherine Vautrin a défendu le texte comme un « cadre essentiel » pour ceux dont la souffrance ne peut être soulagée autrement, niant toute rupture anthropologique.
Enfin, la Haute autorité de Santé a émis des réserves sur les critères médicaux d’éligibilité, tout en proposant de prendre en compte « la qualité du reste à vivre ». Le texte a été scindé en deux volets : l’un consacré à l’aide à mourir, l’autre aux soins palliatifs. Le débat s’annonce intense.