Exclusif : Washington conclut un accord avec Kigali pour expulser des migrants vers le Rwanda
Exclusif : Washington conclut un accord avec Kigali pour expulser des migrants vers le Rwanda

WASHINGTON, 4 août — Les États-Unis ont signé un accord avec le Rwanda permettant le transfert de jusqu’à 250 migrants expulsés du territoire américain vers ce pays d’Afrique de l’Est, a appris l’agence Reuters auprès de sources gouvernementales rwandaises et américaines. Cette initiative s’inscrit dans la politique de fermeté migratoire de l’administration Trump, qui multiplie les partenariats avec des États tiers pour accélérer les expulsions.

L’accord a été conclu au mois de juin à Kigali entre des représentants des deux gouvernements. Une première liste de dix personnes à réinstaller a déjà été transmise par Washington aux autorités rwandaises pour validation, a indiqué un haut responsable rwandais sous couvert d’anonymat. Le Rwanda se réserve le droit d’approuver individuellement chaque migrant proposé par les États-Unis.

« Le Rwanda a convenu avec les États-Unis d’accepter jusqu’à 250 migrants, en partie parce que presque toutes les familles rwandaises ont connu les difficultés du déplacement », a expliqué Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement rwandais. « Nos valeurs sociétales sont fondées sur la réintégration et la réhabilitation. »

Les migrants qui seront acceptés dans le cadre de ce programme bénéficieront, selon Kigali, d’un accompagnement comprenant une aide au logement, des soins médicaux et une formation professionnelle, leur permettant de s’insérer dans l’économie rwandaise, l’une des plus dynamiques du continent africain depuis une décennie.

Cette stratégie, qui n’est pas sans rappeler les accords controversés entre le Royaume-Uni et le Rwanda, marque un nouveau tournant dans l’approche américaine des flux migratoires. Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale un pilier de sa politique intérieure, cherche à contourner les obstacles juridiques aux expulsions en externalisant le traitement de certains dossiers.

L’accord a déjà suscité l’inquiétude de plusieurs ONG et défenseurs des droits humains, qui redoutent un précédent inquiétant en matière de traitement des migrants. L’administration Trump n’a pour l’instant pas rendu public le contenu détaillé de l’accord ni les critères de sélection des personnes concernées.

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