Tensions ethniques au Ghana : l’armée déployée pour calmer un conflit de chefferie meurtrier
Tensions ethniques au Ghana : l’armée déployée pour calmer un conflit de chefferie meurtrier

Le gouvernement ghanéen a annoncé dimanche avoir renforcé la présence militaire dans le nord-est du pays afin de contenir un regain de violences lié à un conflit de chefferie ancien, qui a récemment fait plusieurs morts, dont des élèves. Le président John Dramani Mahama a pris cette décision face à l’escalade dramatique de la crise dans la région de Bawku.

Ce conflit, enraciné dans une rivalité entre les ethnies Mamprusi et Kusaasi sur la légitimité de l’autorité traditionnelle locale, est l’un des plus anciens et complexes du Ghana. Depuis plusieurs décennies, les affrontements sporadiques autour de la désignation du chef de Bawku ont causé de nombreuses victimes et entravé la stabilité régionale.

Dans un communiqué, le porte-parole de la présidence, Felix Kwakye Ofosu, a indiqué que les violences récentes, notamment l’assassinat d’un chef Kusaasi et la mort de trois lycéens dans des attaques armées sur leurs campus, ont rendu indispensable une réponse sécuritaire renforcée. « Les récents meurtres ont nécessité des actions drastiques pour restaurer la paix », a-t-il déclaré.

Jusqu’à récemment, les efforts de médiation menés par Otumfuo Osei Tutu II, l’Asantehene – chef traditionnel le plus respecté du pays – avaient permis une accalmie notable, laissant espérer une résolution pacifique du différend. Mais la reprise des attaques remet en question ces avancées.

Les autorités ont promis d’identifier et de traduire en justice les auteurs des violences. Le gouvernement appelle également les leaders communautaires à coopérer avec les forces de sécurité pour éviter une nouvelle spirale de représailles.

Alors que le Ghana est souvent présenté comme un modèle de stabilité en Afrique de l’Ouest, ce conflit met en lumière les tensions ethniques persistantes qui, mal gérées, peuvent dégénérer rapidement. Le défi reste désormais de parvenir à une solution durable sans exacerbation des divisions communautaires.

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