L’Éthiopie a officiellement inauguré mardi le Grand barrage de la Renaissance (GERD), présenté comme le plus grand barrage hydroélectrique du continent africain. Édifié sur le Nil Bleu, dans la région de Benishangul-Gumuz, l’ouvrage doit permettre d’alimenter en électricité des millions d’Éthiopiens et de soutenir le développement énergétique de toute la région.
Le projet, lancé il y a plus d’une décennie, est une source de fierté nationale en Éthiopie, où une grande partie de la population n’a toujours pas accès au réseau électrique. Les autorités affirment que le barrage constitue un tournant stratégique pour réduire la pauvreté énergétique et stimuler l’industrialisation.
Mais cette inauguration accentue les tensions avec l’Égypte, qui craint que le barrage ne réduise le débit du Nil en aval et menace son approvisionnement en eau. Le Caire considère ce projet comme une menace existentielle, alors que plus de 100 millions d’Égyptiens dépendent quasi exclusivement du fleuve.
Les tentatives de médiation internationale, y compris une initiative lancée par Donald Trump lors de son premier mandat, n’ont pas permis de résoudre le différend. Le Soudan, autre pays en aval, observe également la situation avec inquiétude, redoutant des conséquences sur ses propres ressources hydriques.
Malgré les critiques, Addis-Abeba insiste sur le caractère pacifique et nécessaire du barrage, qu’elle décrit comme un instrument de coopération régionale. Pour de nombreux Éthiopiens, son inauguration marque une victoire symbolique et un jalon majeur vers l’indépendance énergétique du pays.
La mise en service du GERD devrait transformer le paysage énergétique de l’Afrique de l’Est, mais elle risque aussi de raviver les tensions diplomatiques autour du partage des eaux du Nil.