Un tribunal sud-africain a annoncé vendredi la réouverture de l’enquête sur la mort de Steve Biko, figure emblématique de la lutte contre l’apartheid, décédé en détention le 12 septembre 1977 des suites de graves lésions cérébrales.
Cette décision intervient exactement 48 ans après un événement qui avait bouleversé l’opinion internationale et accru la pression pour mettre fin au régime ségrégationniste de la minorité blanche.
Selon l’Autorité nationale des poursuites (NPA), la démarche a été soutenue par les représentants légaux de la famille Biko et vise à déterminer si sa mort relevait d’un acte criminel. À l’époque, les autorités avaient affirmé que le militant était mort après une grève de la faim, une version largement contestée et démentie par les faits établis par des enquêtes ultérieures.
Steve Biko, alors âgé de 30 ans, avait fondé le Mouvement de la conscience noire et incarnait une voix montante de la résistance non violente. Son arrestation et sa mort brutale sous la garde de la police avaient provoqué un tollé mondial, renforçant l’isolement diplomatique du régime d’apartheid.
La réouverture du dossier illustre la volonté persistante de la société sud-africaine de faire toute la lumière sur les crimes commis sous l’ancien régime et de rendre justice aux victimes de la répression. Elle s’inscrit également dans une dynamique plus large visant à revisiter des affaires restées longtemps sans suite judiciaire.