La Ville de Papeete a lancé un audit inédit sur la sécurité de ses infrastructures communales, à la suite de l’incendie meurtrier de Crans-Montana en Suisse, qui a fait plus de 40 morts. L’initiative, portée par l’adjoint au maire chargé de la sécurité, vise à identifier les failles éventuelles dans les établissements municipaux recevant du public.
Pendant trois semaines, 71 structures ont été inspectées : écoles, marché Mapuru à Paraita, maisons de quartier, mairie, mais aussi la caserne des pompiers. L’évaluation a été menée par le Département d’études et de conformité Desautel, avec une méthode reposant sur l’analyse des plans, les relevés sur site et la comparaison avec les exigences réglementaires applicables aux ERP.
Des maisons de quartier sans matériel contre l’incendie
Le constat le plus préoccupant concerne les maisons de quartier, où « il n’y a aucun moyen de lutte contre le feu » en cas de départ d’incendie, selon Milton Vanfau, directeur de la société de sécurité FEPI. Certaines de ces structures accueillent pourtant des familles en urgence, avec des lits, ce qui renforce l’inquiétude sur la capacité à protéger les occupants.
L’audit vérifie notamment la présence d’extincteurs, en rappelant qu’un équipement est requis pour environ 200 m² au sol, soit un extincteur de 6 litres avec additif. Lorsque les bâtiments ne disposent pas de plans, des relevés sont réalisés afin de produire une cartographie précise et d’évaluer si le matériel installé est suffisant.
Un plan d’action gradué selon les urgences et le budget
La prochaine étape consiste à remettre un rapport détaillé à la mairie pour chaque site contrôlé. L’objectif est de permettre à la commune d’établir un calendrier de mise en conformité, en distinguant les actions réalisables rapidement (comme le remplacement d’extincteurs) de celles plus lourdes, impliquant des systèmes complets de sécurité incendie.
Ce travail doit déboucher sur une priorisation des investissements sur 6 mois, un an ou deux ans, en tenant compte des contraintes budgétaires. L’opération, une première à cette échelle en Polynésie, représente un coût total d’environ 3 millions de francs CFP, environ 25 150 euros.