Le pape Léon XIV a achevé sa visite en Turquie avant de s’envoler pour le Liban, où il souhaite soutenir une population éprouvée par des années de crises et réaffirmer l’importance des communautés chrétiennes au Moyen-Orient. Avant son départ, il a participé à une prière à la cathédrale apostolique arménienne d’Istanbul puis à une liturgie avec le patriarche œcuménique Bartholomée, dont l’invitation à commémorer un anniversaire important du christianisme avait motivé son déplacement.
Le second volet de ce voyage intervient dans un contexte particulièrement délicat pour le Liban, fragilisé par l’effondrement économique, l’explosion du port de Beyrouth et les répercussions des conflits régionaux. Léon XIV reprend ainsi une promesse faite par François, qui souhaitait se rendre dans le pays mais n’en avait plus eu la possibilité en raison de ses problèmes de santé. Dans ce pays multiconfessionnel, où la présidence revient obligatoirement à un chrétien maronite, le Vatican voit un symbole majeur de coexistence.
Le souverain pontife entend redonner espoir à une population qui estime avoir été abandonnée par sa classe dirigeante, et encourager les chrétiens à demeurer sur leur terre malgré l’exode massif vers l’étranger. Les responsables locaux espèrent aussi qu’il appellera les autorités à rendre des comptes, en particulier concernant l’explosion du port en 2020, toujours sans justice cinq ans après les faits.
La visite sera marquée par un moment de recueillement silencieux sur le site de la déflagration du 4 août 2020, ainsi qu’une rencontre avec des victimes. Beaucoup de Libanais souhaitent que le pape rappelle la nécessité de vérité et de justice dans un pays où les enquêtes sont constamment suspendues et où la corruption enraye les institutions.
Le voyage intervient également dans un climat de tension en raison du conflit entre le Hezbollah et Israël. Malgré un cessez-le-feu négocié en 2024, les frappes israéliennes se poursuivent quasi quotidiennement, et la crainte d’un retour à un conflit majeur demeure forte. Certaines factions attendent du pape qu’il condamne les violences, tandis que la principale formation chrétienne du Parlement accuse le Hezbollah d’avoir entraîné le Liban dans une guerre coûteuse.
Au-delà du Liban, la visite est suivie de près par les communautés chrétiennes de Syrie, affaiblies par quatorze années de guerre civile et l’instabilité persistante. Une délégation de fidèles syriens a prévu de se rendre à Beyrouth pour voir le pape, espérant recevoir un message de réconfort face aux violences sectaires et à l’incertitude politique.
Le pape Léon XIV cherche ainsi à apporter une parole d’unité et d’espérance dans une région marquée par les conflits et la fragmentation, avec la volonté affichée de rappeler la valeur du vivre-ensemble au moment où les équilibres historiques vacillent.