Les Palestiniens de Cisjordanie occupée par Israël font face à une crise de l’eau qui s’aggrave, leurs robinets restant de plus en plus souvent à sec. Selon eux, cette situation est provoquée par la multiplication des attaques menées par des colons israéliens extrémistes contre des infrastructures hydrauliques déjà rares et fragiles.
Dans les villages et les villes palestiniennes, les habitants signalent des pénuries d’eau récurrentes, affectant aussi bien les foyers que les exploitations agricoles. À Ramallah, capitale administrative de l’Autorité palestinienne, de nombreux habitants n’ont plus accès à l’eau courante qu’à peine deux fois par semaine. « Les gens sont obligés de venir remplir leurs bouteilles et bidons aux robinets publics », témoigne Umm Ziad, contrainte comme d’autres de stocker chaque goutte disponible.
Les Nations Unies affirment avoir recensé 62 incidents de vandalisme liés à des colons au cours du premier semestre de l’année. Des puits, des canalisations et des réseaux d’irrigation palestiniens auraient été détruits, accentuant les difficultés d’approvisionnement. Ces actions touchent directement les fermes, privant les cultures et le bétail d’irrigation et menaçant la sécurité alimentaire locale.
L’armée israélienne a confirmé avoir reçu de nombreux signalements évoquant des dommages causés par des civils israéliens contre les infrastructures d’eau palestiniennes. Toutefois, aucun suspect n’a jusqu’ici été identifié. De son côté, l’agence gouvernementale israélienne COGAT a rejeté les accusations palestiniennes et renversé la responsabilité, affirmant que les pénuries résultaient de vols d’eau commis par les Palestiniens eux-mêmes.
Dans les zones rurales de la Cisjordanie, la rareté de l’eau oblige de plus en plus de familles à recourir à des livraisons privées, dont les coûts pèsent lourdement sur des ménages déjà fragilisés économiquement. La question de l’accès à l’eau, déjà hautement sensible, accentue ainsi les tensions entre colons israéliens et Palestiniens, tout en nourrissant l’inquiétude des organisations humanitaires qui alertent sur le risque d’une crise prolongée et généralisée.