Un incident inhabituel a perturbé le trafic aérien à Abidjan en début de semaine, lorsqu’un avion long-courrier d’Air France s’est retrouvé bloqué dans une zone militaire après son atterrissage. L’erreur, survenue lors de la phase de roulage, a entraîné l’annulation du vol retour vers Paris et mobilisé les autorités ivoiriennes comme la compagnie française, sans faire de blessés.
Le mardi 3 février 2026, le vol AF 702 en provenance de Paris a atterri à l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny en début de soirée. L’appareil, un Airbus A350 en provenance de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, s’est posé normalement sur la piste avant d’entamer la phase de roulage vers le parking civil. C’est à ce moment précis que la situation a dérapé.
Au lieu d’emprunter la voie de circulation adaptée aux avions de cette catégorie, l’appareil s’est engagé sur une bretelle menant vers la base aérienne militaire attenante à l’aéroport. Cette voie, inadaptée aux dimensions de l’A350, a rapidement conduit à l’immobilisation de l’avion, incapable de poursuivre sa route ou de manœuvrer en toute sécurité. L’erreur a été identifiée comme une mauvaise orientation lors du roulage, alors même que les consignes de circulation avaient été transmises.
Un impact immédiat sur les passagers et l’exploitation
À bord de l’appareil se trouvaient 283 passagers et 12 membres d’équipage. Tous ont été débarqués sans incident et pris en charge par les services aéroportuaires. Les autorités ivoiriennes ont confirmé qu’aucune personne n’avait été blessée et qu’aucune situation de panique n’avait été constatée. En revanche, l’immobilisation prolongée de l’avion a entraîné des perturbations logistiques, notamment pour les bagages et le fret, dont l’acheminement a été retardé.
Par mesure de précaution, la compagnie a décidé d’annuler le vol retour vers Paris. Une équipe technique a été dépêchée depuis la France afin d’inspecter l’appareil et de s’assurer qu’aucun dommage n’avait été causé lors de l’engagement sur cette voie inappropriée. Cette décision a prolongé l’attente de nombreux passagers, contraints de patienter avant une solution de réacheminement.
Du côté des autorités ivoiriennes, le ministère des Transports a rapidement communiqué pour préciser les circonstances de l’incident. L’analyse préliminaire pointe une erreur de navigation du pilote pendant la phase de roulage, un moment pourtant considéré comme routinier dans l’exploitation aérienne. L’épisode souligne toutefois la complexité de certaines infrastructures aéroportuaires où cohabitent zones civiles et installations militaires.
Une enquête pour éclaircir les responsabilités
Une enquête a été ouverte afin de déterminer précisément les causes de cette erreur. Si la piste de l’erreur humaine est privilégiée à ce stade, d’autres éléments sont également examinés. Les enquêteurs s’intéressent notamment à la signalisation au sol, à la lisibilité des indications nocturnes et à l’éventuelle fatigue de l’équipage après un vol long-courrier.
L’objectif est d’établir une chronologie précise des événements et d’identifier les facteurs ayant conduit l’appareil à quitter l’itinéraire prévu. Les conclusions devront permettre, le cas échéant, de formuler des recommandations pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise, que ce soit à Abidjan ou sur d’autres plateformes aéroportuaires présentant des configurations similaires.
Pour Air France, cet épisode reste un incident sérieux mais sans conséquence humaine. La compagnie a rappelé que la sécurité de ses passagers et de ses équipages demeurait prioritaire, tout en reconnaissant les désagréments causés par cette situation exceptionnelle. Cet événement met en lumière les risques spécifiques liés aux phases au sol, souvent moins médiatisées que le vol lui-même, mais essentielles à la sécurité globale du transport aérien.