Le titre-restaurant va changer de visage. Fini les carnets cartonnés, les plafonds flous et les tolérances variables selon les régions. Le gouvernement vient d’annoncer une réforme en profondeur d’un dispositif qui touche plus de cinq millions de salariés en France. Objectif : simplifier, moderniser, mais aussi freiner les dérives et encourager une consommation rapide des titres. La ministre déléguée au Commerce, Véronique Louwagie, a levé le voile sur les grandes lignes du texte qui sera présenté au Parlement. Entrée en vigueur prévue au 1er janvier 2027. Mais certains ajustements sont attendus dès les prochains mois. Et la principale nouveauté est sans appel : la fin du ticket papier. À compter du 28 février 2027, le titre-restaurant existera uniquement en version dématérialisée.
Courses en supermarché, usage le dimanche : les règles s’assouplissent
Après une forte mobilisation fin 2023 contre l’idée d’un retour aux règles strictes d’utilisation, le gouvernement a finalement tranché : les titres-restaurant continueront de pouvoir être utilisés pour régler ses courses alimentaires en supermarché. La mesure temporaire mise en place après la crise sanitaire est désormais pérennisée. Seule restriction : toujours pas d’alcool, ni de friandises, produits infantiles ou alimentation pour animaux. Le plafond d’utilisation reste inchangé à 25 euros par jour. Mais l’usage sera possible le dimanche dans toute la France, et sans contrainte territoriale. Une mesure saluée par les salariés, dont une majorité préparent leur repas à la maison avant de les emporter au travail.
Et encore d’autres évolutions
Par exemple, terminée la fin du renouvellement automatique des titres non utilisés en fin d’année. « Le titre-restaurant n’est pas un plan d’épargne », prévient la ministre. Le gouvernement entend ainsi éviter la thésaurisation. En clair, les montants non dépensés à l’issue de l’année ne seront plus reportés mais reversés aux comités sociaux et économiques (CSE) des entreprises concernées. Si les restaurateurs, regroupés notamment sous l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie), dénoncent un manque à gagner d’un milliard d’euros sur deux ans, le gouvernement assume. Le titre-restaurant, financé pour moitié par les entreprises, est un levier de pouvoir d’achat pour des millions de salariés. Et sa numérisation complète devrait simplifier la vie des commerçants, tout en réduisant les frais liés aux commissions prélevées par les émetteurs. Derrière cette réforme, un mot d’ordre : rationaliser. Encadrer l’usage, réduire les coûts de gestion, lutter contre l’accumulation et ouvrir le champ des possibles. Reste à savoir si les bénéficiaires s’y retrouveront, ou si l’attachement symbolique au petit ticket papier résistera à la modernisation annoncée.