Saint-Florent – quatre hommes écroués après les incendies de bateaux qui ont frappé le port
Saint-Florent – quatre hommes écroués après les incendies de bateaux qui ont frappé le port

L’enquête sur les incendies de bateaux survenus à Saint-Florent en 2025 a connu une avancée judiciaire majeure. Quatre hommes, âgés d’une vingtaine d’années, ont été mis en examen et placés en détention provisoire à l’issue de leur présentation devant un juge d’instruction, jeudi 29 janvier. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs et destruction par moyen dangereux, des chefs particulièrement lourds au regard de la gravité des faits reprochés.

Interpellés lundi 26 janvier, les suspects avaient été placés en garde à vue pendant quatre jours dans le cadre d’une information judiciaire ouverte au printemps 2025. Leur arrestation s’inscrit dans une enquête de longue haleine menée après une série d’incendies ayant visé plusieurs bateaux de compagnies de promenades en mer, amarrés dans le port de la commune corse. Ces sinistres répétés avaient profondément marqué la population locale et suscité de vives inquiétudes dans un territoire où l’activité maritime constitue un pilier économique essentiel, notamment en période touristique.

À l’issue de leur présentation devant le magistrat instructeur, le procureur de la République de Bastia a annoncé leur mise en examen ainsi que leur incarcération provisoire. Cette décision vise à prévenir tout risque de concertation entre les mis en cause, de pression sur d’éventuels témoins ou de réitération des faits, alors que les investigations se poursuivent.

Une série d’incendies ciblant des bateaux de promenade

Les faits examinés par la justice concernent plusieurs incendies criminels survenus au port de Saint-Florent en 2025. Les bateaux touchés appartenaient à des compagnies proposant des excursions en mer, une activité centrale pour l’économie touristique locale. Les sinistres avaient entraîné d’importants dégâts matériels et provoqué l’arrêt temporaire de certaines activités, avec des répercussions directes sur l’emploi saisonnier et sur l’image de la station.

Dès les premiers incendies, les enquêteurs avaient privilégié la piste criminelle, compte tenu de la nature des départs de feu et de leur répétition. L’ouverture d’une enquête judiciaire au printemps 2025 avait permis de mobiliser des moyens d’investigation conséquents, associant notamment des expertises techniques, des auditions et l’analyse d’éléments matériels recueillis sur les lieux.

Les investigations ont progressivement conduit à l’identification de plusieurs suspects, soupçonnés d’avoir agi de manière concertée. Le caractère organisé des faits constitue un élément central de la procédure, expliquant la qualification pénale retenue par le parquet.

Des qualifications pénales particulièrement lourdes

Les quatre hommes sont poursuivis pour association de malfaiteurs et destruction par moyen dangereux. Cette dernière infraction, lorsqu’elle est commise en bande organisée, est passible de peines particulièrement sévères. Elle peut entraîner jusqu’à vingt années de réclusion criminelle, assorties d’une lourde amende, reflétant la dangerosité des actes et les risques encourus pour les personnes et les biens.

La justice entend ainsi sanctionner non seulement les dommages matériels causés, mais aussi la mise en danger indirecte des usagers du port et des professionnels du secteur maritime. Les incendies de bateaux, survenus dans une zone fréquentée, auraient pu avoir des conséquences bien plus dramatiques si les flammes s’étaient propagées à d’autres embarcations ou aux installations portuaires.

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