Rachida Dati condamne les attaques contre les librairies avant le Festival du livre (AP)
Rachida Dati condamne les attaques contre les librairies avant le Festival du livre (AP)

À l’occasion de la présentation du Festival du livre de Paris, prévu du 17 au 19 avril au Grand Palais, Rachida Dati a pris la parole pour évoquer les tensions qui pèsent sur les librairies indépendantes depuis plusieurs mois. La ministre de la Culture, qui s’apprête à quitter le gouvernement pour se consacrer à la campagne des municipales à Paris, a dénoncé des « pressions » et des « dégradations » visant des professionnels du secteur.

Une prise de parole après des mois d’intimidations signalées

Devant la presse, Rachida Dati a rappelé que « la violence n’a sa place nulle part et certainement pas dans des lieux de culture », et a insisté sur la place des libraires dans l’espace public : « Le livre est l’objet du temps long et de la réflexion » et les libraires « doivent garder un rôle central dans le débat et la circulation des idées », a-t-elle déclaré lors de cette conférence de présentation.

Ces propos interviennent alors que, depuis l’automne, des acteurs du livre alertent sur une multiplication d’actes hostiles. Une tribune publiée en octobre 2025 dans Le Monde évoquait des librairies devenues « les réceptacles de tous les débordements idéologiques », résumant un climat de tensions qui, selon les signataires, s’est installé dans plusieurs villes.

Dégradations, cyberharcèlement, menaces : des cas recensés dans plusieurs villes

Les faits rapportés ces derniers mois prennent des formes variées : vitrines dégradées, tags à l’acide, campagnes de cyberharcèlement ou encore visites assorties de menaces. Le syndicat SUD Culture Solidaires dit avoir recensé au moins neuf librairies visées en huit mois, avec des cas signalés notamment en région parisienne, ainsi qu’à Lille, Rennes, Nantes, Périgueux, Lyon ou Marseille.

Un épisode a particulièrement marqué les professionnels : la librairie parisienne Violette and Co a été vandalisée à l’été 2025 après la mise en avant d’un ouvrage controversé, puis a fait l’objet d’une perquisition le 7 janvier. L’équipe avait alors dénoncé une opération « infondée » menée, selon elle, dans « un contexte politique hostile » aux librairies engagées.

Partager