L’affiche de la prochaine Marche des Fiertés de Paris, prévue pour le 29 juin 2025, provoque une vague de critiques sur les réseaux sociaux et des réactions très critiques. En cause : un visuel jugé par de nombreux internautes et personnalités politiques comme hors de propos et potentiellement polémique, mêlant plusieurs symboles politiques et religieux sans lien direct avec la lutte pour les droits des personnes LGBTQ+.
Une affiche jugée “hors-sujet” et “provocatrice”
L’affiche, conçue par le collectif interassociatif Inter-LGBT, montre notamment une femme voilée, un drapeau palestinien, un homme blanc étant étranglé ainsi que plusieurs logos associés à des mouvements nationalistes ou militants. De nombreux commentateurs ont reproché à l’image de détourner le message initial de la Marche des Fiertés au profit de causes jugées étrangères ou polémiques.
Les critiques soulignent l’absence de symboles représentant d’autres religions, comme une kippa ou une croix chrétienne, estimant que le message est partiellement biaisé. Sur X, le débat s’est rapidement enflammé, certains utilisateurs évoquant une récupération politique tandis que d’autres y voient une volonté d’intersectionnalité mal calibrée.
Réactions politiques et institutionnelles
Face à la montée de la polémique, plusieurs institutions ont rapidement réagi. La Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT+ a publié un communiqué clair sur son compte officiel X. Elle y exprime son désaccord avec le visuel, précisant : « À la demande de la Ministre Aurore Bergé, nous avons demandé que la DILCRAH ne soit en aucun cas associée à cette affiche et que notre logo en soit retiré. »
La DILCRAH ajoute dans son message : « La lutte contre la haine LGBT+ ne saurait passer par l’incitation à la violence ou à la haine. »
La région Île-de-France se retire du financement
De son côté, la région Île-de-France, présidée par Valérie Pécresse, a également exprimé son mécontentement. Contactée par l’émission Morandini Live sur CNews, la région a indiqué avoir retiré son soutien financier à l’événement. « La région ne versera pas la subvention qui était prévue », a déclaré un porte-parole, avant de préciser : « L’affiche ne nous a pas été soumise avant. On l’a découverte hier. On ne veut pas y être associé. »
Selon des sources régionales, la subvention initialement prévue s’élevait à 100 000 euros, dans le cadre du soutien habituel à la Marche des Fiertés. Le logo de la région, pourtant visible sur l’affiche, sera également retiré à la demande de l’exécutif francilien, qui estime que le visuel constitue une “incitation à la violence”.
Inter-LGBT maintient sa position
Contactée par plusieurs médias, l’association Inter-LGBT, organisatrice de la Marche, n’a pour l’instant pas annoncé de retrait de l’affiche. Dans un communiqué publié sur son site, elle affirme : « Cette affiche se veut le reflet d’une solidarité entre luttes, notamment antiracistes, féministes, anti-impérialistes et LGBTQIA+. Nous refusons les injonctions à compartimenter les combats. »
Cependant, face à l’ampleur de la polémique, des discussions seraient en cours en interne selon des sources proches de l’organisation.
Un débat plus large sur les alliances militantes
Au-delà de l’affiche, cette polémique soulève une question plus large sur les alliances politiques et les luttes intersectionnelles au sein du mouvement LGBTQIA+. Tandis que certains défendent une convergence des luttes, d’autres s’inquiètent d’une confusion du message ou d’un risque de récupération politique.
La Marche des Fiertés de Paris attire chaque année plus de 500 000 personnes, selon les chiffres de la Préfecture de police, et est traditionnellement soutenue par plusieurs institutions, dont la Mairie de Paris. Cette dernière n’a pas encore réagi officiellement à la controverse.
