Un nouveau défi numérique s’installe dans plusieurs pays : « OFF February », une initiative invitant les participants à supprimer les applications de réseaux sociaux de leur smartphone pendant tout le mois de février. Lancé simultanément en France, en Espagne, au Royaume-Uni et aux États-Unis, le mouvement s’appuie sur une lassitude croissante face au « scroll » compulsif, à la surconsommation d’écrans et aux dérives d’un univers numérique jugé de plus en plus anxiogène.
Si les effets de l’hyperconnexion sont largement documentés chez les plus jeunes (au point d’alimenter des recommandations strictes sur l’âge d’accès aux écrans et aux réseaux) les adultes restent plus vulnérables à des habitudes solidement installées. Selon une étude citée par les promoteurs de la campagne, 64% des Français se disent prêts à faire une pause, sans pour autant réussir à passer à l’acte seuls.
Une détox pensée comme un mouvement social plutôt qu’un effort individuel
Derrière ce défi, l’idée n’est pas de culpabiliser mais d’encadrer une démarche collective, inspirée d’autres campagnes populaires comme Dry January. En France, le mouvement est porté par Victor Fersing, fondateur du média La Fabrique sociale, qui défend une approche structurée : selon lui, les réseaux sont conçus pour capter l’attention et récolter des données, ce qui fragilise le bien-être et favorise l’isolement social. Pour les initiateurs, l’enjeu dépasse la simple hygiène numérique : il s’agit de recréer une disponibilité mentale et une capacité à « faire société ».
Le défi ne vise pas une coupure totale d’Internet, jugée irréaliste, mais une réduction ciblée des usages les plus addictifs liés au smartphone. Les participants peuvent toujours accéder aux plateformes via un ordinateur, mais l’objectif est de casser les automatismes : moins de notifications, moins de réflexes mécaniques, davantage d’attention au réel et même, revendiqué comme bénéfique, un retour à l’ennui.
La campagne s’accompagne d’initiatives symboliques, comme une marche de 5,04 km prévue le 7 février à Paris et Marseille, censée remplacer la « distance moyenne scrollée » en un mois. Le mouvement mise aussi sur un regain de tendances « analogiques » : carnets, lecture papier, tricot, musique en mode slow, appareils photo argentiques… Une façon de proposer des alternatives concrètes pour remplacer le smartphone par des gestes et des objets réels, avec un mot d’ordre simple : éteindre les distractions pour récupérer son temps.