Le décès en direct de Raphaël Graven, connu sous le pseudonyme de Jean Pormanove, continue de susciter une onde de choc en France et bien au-delà. Cet homme de 46 ans est mort dans la nuit du 17 au 18 août à Contes, près de Nice, après plus de 12 jours de diffusion en continu sur la plateforme de streaming Kick, au cours desquels il a subi humiliations et violences retransmises sous les yeux de milliers d’internautes.
Des alertes restées sans réponse pendant des mois
Depuis plusieurs mois, de nombreuses alertes avaient pourtant été adressées aux autorités. Dès décembre, une enquête journalistique révélait ces sévices, poussant le parquet de Nice à ouvrir une information pour violences volontaires et diffusion d’images potentiellement criminelles. En février, la Ligue des droits de l’homme avait saisi le régulateur français des médias, soulignant le caractère intolérable de ces contenus et appelant à une réaction rapide. Pourtant, aucune réponse concrète n’avait suivi.
L’Arcom invoque un manque de moyens face aux critiques
Face aux critiques sur son inaction, l’Arcom a publié un communiqué évoquant « un manque de moyens et d’effectifs » pour expliquer ce silence de près de huit mois. La présidente de la LDH a déploré publiquement que le délai moyen pour une mise en garde puisse atteindre six à sept mois, dénonçant une lenteur d’autant plus inquiétante lorsqu’il s’agit de « dignité humaine ». Cette justification intervient alors que l’émotion est à son comble et que l’État, par la voix de la ministre déléguée au Numérique, a dénoncé une « horreur absolue ».
Une enquête judiciaire désormais ouverte à Nice
Le régulateur français tente désormais de rattraper son retard. L’Arcom affirme avoir appris avec un « vif émoi » le décès de Raphaël Graven et insiste sur la responsabilité pénale des auteurs des violences, qui relève désormais de la justice. Une enquête a été ouverte pour recherche des causes de la mort et confiée à la police judiciaire de Nice.
Kick face à ses obligations européennes
L’affaire met également en lumière les difficultés de régulation liées à la plateforme Kick. Basée à l’étranger, l’entreprise ne disposait jusqu’ici d’aucun représentant légal dans l’Union européenne, ce qui compliquait l’application du règlement européen sur les services numériques. Cette situation vient de changer : la Commission européenne a confirmé la désignation d’un représentant légal à Malte. L’Arcom a immédiatement sollicité de la plateforme des informations précises sur les moyens de modération francophone et sur les mesures prises à l’égard de la chaîne de Jean Pormanove. Kick s’est engagée à collaborer pleinement et une rencontre est prévue dans les prochains jours…