Mélanie, la surveillante de collège tragiquement tuée le 10 juin à Nogent, a été faite chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume, selon un décret publié ce mardi au Journal officiel. Ce geste symbolique rend hommage à cette mère de famille de de 31 ans, victime d’un acte de violence lâche et gratuit alors qu’elle exerçait une mission de service public.
Cette distinction a été attribuée en hommage à son engagement au service des élèves et de la communauté éducative. Elle intervient deux semaines après le drame qui a bouleversé le pays. Le ministère de l’Éducation nationale avait déjà annoncé qu’elle recevrait également, à titre posthume, le grade de commandeur des Palmes académiques, une distinction rare pour une surveillante.
Par ailleurs, la qualité de pupille de la Nation sera accordée à son enfant, en vertu du statut réservé aux enfants dont un parent a été victime dans l’exercice d’une mission de service public.
Une cérémonie dans la plus stricte intimité
Les obsèques de Mélanie ont eu lieu mardi dernier dans l’intimité familiale, à Sarcey, un petit village proche de Nogent où elle résidait. De nombreux hommages ont été rendus à sa mémoire, aussi bien localement que dans les sphères politiques et éducatives. Le président Emmanuel Macron et le ministre de l’Éducation nationale ont exprimé leur « vive émotion » et leur « soutien à la famille et aux collègues de la victime ».
Un adolescent mis en examen pour meurtre aggravé
Pour rappel, le meurtre s’est produit le matin du 10 juin, à l’entrée du collège Françoise-Dolto de Nogent, lors d’un contrôle inopiné des sacs des élèves effectué par les gendarmes. L’agresseur, un élève de 14 ans, a poignardé la surveillante avec un couteau, blessant également un gendarme à la main. Il a été immédiatement interpellé, mis en examen pour meurtre aggravé par la qualité de la victime et placé en détention provisoire.
Lors de sa garde à vue, il aurait déclaré aux enquêteurs avoir voulu tuer une surveillante, « n’importe laquelle », selon les informations rapportées par plusieurs sources judiciaires. En raison de sa minorité, il encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion criminelle.