Au palais de La Moncloa à Madrid, Pedro Sanchez a remis mardi à Gisèle Pelicot l’Ordre du Mérite civil espagnol, saluant en elle une femme qui a su « transformer le silence en prise de conscience collective ». Le chef du gouvernement socialiste a rendu hommage à son courage face à ce qu’il a qualifié d’« insupportable violence machiste », soulignant l’impact de son engagement bien au-delà des frontières françaises.
Victime de viols organisés par son ex-mari pendant des années, la septuagénaire a choisi la publicité de son procès pour en faire un symbole universel. Sa démarche, saluée dans toute l’Europe (elle avait été reçue à Londres par la reine Camilla), incarne selon Pedro Sanchez « un changement culturel essentiel pour l’ensemble de la société ».
Un récit traduit dans 22 langues
Gisèle Pelicot est actuellement en tournée européenne pour présenter son livre, Et la joie de vivre, coécrit avec la journaliste Judith Perrignon et paru le 17 février dans le monde entier. Traduit en 22 langues, l’ouvrage figurait en tête des ventes en France dès la fin du mois de février.
Cette distinction espagnole s’inscrit dans une reconnaissance internationale croissante, confirmant le rôle de Gisèle Pelicot comme figure de proue d’un mouvement qui redéfinit la manière dont les sociétés européennes appréhendent les violences sexuelles et la culture du silence qui les entoure.