En 2023, les Françaises ont eu leur premier enfant à 29,1 ans en moyenne, selon un rapport publié par l’Insee ce mercredi. C’est 5,1 ans de plus qu’en 1974, et 0,9 an de plus qu’il y a dix ans. Cette évolution, amorcée dans les années 1970, s’inscrit dans une tendance qui touche l’ensemble de l’Union européenne. La moyenne d’âge à l’accouchement, tous rangs de naissance confondus, s’établit désormais à 31 ans en France, contre 30,2 ans en 2013. En parallèle, le nombre total de naissances a reculé à 678 000 en 2023. Ce report de la maternité s’explique notamment par l’allongement des études, la précarité d’entrée dans la vie professionnelle et une mise en couple plus tardive et moins systématiquement tournée vers la fondation d’une famille.
Des intervalles plus longs entre les enfants
L’âge des mères augmente aussi pour les naissances suivantes. En moyenne, celles qui accouchent d’un deuxième enfant ont 31,6 ans, soit près de cinq ans de plus qu’en 1967. Pour les troisièmes enfants, l’âge moyen atteint 33,9 ans. Autre évolution : l’écart entre les naissances s’allonge légèrement. Le deuxième enfant arrive désormais 4,2 ans après l’aîné (contre 4,1 en 2013), et le troisième 4,8 ans après son prédécesseur. Par ailleurs, les âges de première maternité se sont étalés dans le temps : en 2023, la moitié des premières naissances sont survenues entre 25 et 32 ans, soit une plage de huit années, contre seulement cinq en 1967. La concentration des naissances autour d’un âge précis tend donc à disparaître. Si 28 ans reste l’âge le plus fréquent du premier accouchement aujourd’hui, il ne concerne que 8 % des femmes, contre 11 % à 22 ans en 1967.
Une tendance partagée au niveau européen
La France n’est pas une exception. Dans l’Union européenne, l’âge moyen à la première maternité est passé de 28,9 ans en 2013 à 29,8 ans en 2023. Des disparités importantes demeurent cependant : dans les pays baltes et en Europe de l’Est, les mères sont plus jeunes (26,9 ans en Bulgarie), tandis que le sud du continent concentre les maternités les plus tardives, avec 31,8 ans en Italie. Ce vieillissement des maternités interroge alors que la natalité française poursuit sa baisse. Une mutation démographique qui, si elle s’inscrit dans une dynamique sociale profonde, pourrait avoir à terme des conséquences sur l’équilibre générationnel du pays.