Le Pape François s’est éteint lundi matin au Vatican à l’âge de 88 ans, des suites d’un accident vasculaire cérébral. Alors que le monde catholique entre dans une période de sede vacante, l’Église catholique s’apprête à convoquer un conclave pour élire un nouveau souverain pontife. Cette transition ravive une question que certains peuvent se poser : le pape perçoit-il un salaire ? Et quelles sont les conditions matérielles liées à sa fonction ?
Un chef spirituel… sans salaire
Chef spirituel de plus de 1,3 milliard de catholiques, évêque de Rome et chef de l’État de la Cité du Vatican, le pape exerce des responsabilités religieuses, diplomatiques et administratives considérables. Pourtant, comme le rappelle le New York Times et confirmé par le Vatican News, il ne perçoit aucun salaire à titre personnel.
Ce principe s’appliquait au pape François et sera identique pour son successeur. « Le pape ne reçoit pas de rémunération. Il est entièrement pris en charge par l’État du Vatican », avait confirmé en 2013 le père Federico Lombardi, alors porte-parole du Saint-Siège, à l’agence italienne ANSA.
Nourri, logé, soigné… et exempté d’impôts
En lieu et place d’une rémunération, le Saint-Père bénéficie d’une prise en charge intégrale de ses besoins : logement au Vatican, nourriture, sécurité, soins médicaux, transport officiel. Il dispose d’un véhicule avec chauffeur, et ses frais de déplacement sont couverts par le Saint-Siège.
Le pape bénéficie également d’exemptions fiscales, notamment sur les revenus tirés de ses publications. Ainsi, en 2010, le pape Benoît XVI avait perçu près de 5 millions d’euros en droits d’auteur pour ses ouvrages théologiques. La moitié de ces revenus avait été reversée à la Fondation Joseph Ratzinger-Benoît XVI, dédiée à la promotion de la recherche théologique. Le reste avait été utilisé pour financer des œuvres de charité ou l’édition de nouveaux ouvrages, sans être soumis à l’impôt.
Une retraite modeste, mais protégée
Si un pape choisit de renoncer à sa fonction, comme ce fut le cas historique de Benoît XVI en 2013, il perçoit alors une retraite modeste mais stable. Benoît XVI recevait une pension mensuelle de 2.500 euros en tant qu’évêque émérite de Rome. Tous ses frais de vie restaient couverts par le Vatican, y compris son assurance maladie. Il s’était retiré au monastère Mater Ecclesiae, situé dans l’enceinte même du Vatican.
Les finances du Vatican sous surveillance
Sous le pontificat de François, les finances du Vatican ont fait l’objet d’une réforme profonde. Dès 2014, le pape avait mis sur pied un Secrétariat pour l’Économie, confié au cardinal George Pell, pour encadrer les dépenses et investissements du Saint-Siège.
Dans un souci de transparence, François a ordonné un audit complet de l’IOR, la Banque du Vatican, et imposé des normes anti-blanchiment strictes. Selon Reuters, ces réformes ont conduit à la fermeture de plus de 5.000 comptes suspects, principalement liés à des institutions ou à des personnes n’ayant pas de lien légitime avec le Vatican.
Un patrimoine considérable… mais impersonnel
Le Saint-Siège possède un patrimoine immobilier estimé à plus de 5.000 biens à travers l’Italie et le monde, selon un rapport publié par The Guardian en 2021. Ces ressources sont gérées par l’Administration du patrimoine du Siège apostolique, mais elles ne relèvent pas du patrimoine personnel du pape. Tout comme les résidences officielles ou les trésors artistiques du Vatican, ces biens sont considérés comme propriété de l’Église et non du souverain pontife…