Le calvaire judiciaire du français Tom Félix en Malaisie se prolonge
Le calvaire judiciaire du français Tom Félix en Malaisie se prolonge

Accusé de trafic de drogue en Malaisie, Tom Félix reste derrière les barreaux dans l’attente de son procès. Les audiences, entamées cette semaine devant la Haute cour criminelle d’Alor Setar, ont été suspendues. Elles reprendront les 17 septembre et 5 octobre. L’homme de 34 ans, diplômé en biologie marine et ancien cadre de Veolia, risque pourtant la peine capitale ou une condamnation délirante : cent quatre années de prison cumulées, 54 coups de bâton et 27 000 euros d’amende. Arrêté le 9 août 2023 à Langkawi, une île touristique du nord-ouest du pays, il partageait alors une maison avec un associé malaisien. C’est dans les parties communes de cette habitation que la police a découvert plusieurs centaines de grammes de cannabis. Les deux hommes ont été interpellés, mais selon la famille de Tom Félix, son coaccusé l’aurait entièrement disculpé durant l’enquête. Une déclaration ignorée par les autorités locales.

Un procès en pointillés, un dossier contesté

Les premiers éléments présentés par l’accusation ne semblent pas convaincre la défense. Selon Me Collin Andrew, avocat malaisien du Français, l’officier enquêteur a déjà été entendu et trois autres témoins sont attendus, dont un chimiste. L’avocat espère une clôture du procès après ces deux journées d’audience supplémentaires. En France, Me François Zimeray (ancien ambassadeur pour les droits de l’Homme) s’indigne : « Que l’on puisse maintenir un être humain en prison sur la base d’un dossier vide soulève le cœur ». Alors que la Malaisie n’a procédé à aucune exécution depuis 2018 et que la peine de mort n’est plus automatique, l’issue de cette affaire reste incertaine. Les parents de Tom Félix, enseignants au lycée français de Singapour, ont récemment rencontré Emmanuel Macron lors de sa visite dans la cité-État. À leurs yeux, le soutien présidentiel est crucial. Selon sa mère, « il nous a entendus et a déclaré que cette situation est effectivement inacceptable ». En attendant, leur fils demeure enfermé dans des conditions dénoncées comme « terribles » par ses proches.

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