Koba LaD condamné à 6 ans de prison pour avoir tué son ami sur l’A86
Koba LaD condamné à 6 ans de prison pour avoir tué son ami sur l’A86

Dans le box vitré du tribunal de Créteil, le rappeur Koba LaD s’effondre. « Je panique. Je vois le cerveau de mon pote ! » crie-t-il, submergé. Mais ces larmes n’effacent pas les faits : ce 25 juin 2025, le musicien de 25 ans est condamné à six ans de prison pour homicide involontaire aggravé. Le 10 septembre 2024, à bord de sa voiture lancée à vive allure sur l’A86, il provoque un accident mortel. À ses côtés ce soir-là, William Dogbey, son styliste, son ami, son « frère », tué sur le coup. Le verdict tombe après une audience aussi médiatique que tendue. Depuis le déjeuner, des fans font la queue pour entrer, transformant la salle des comparutions immédiates en scène improvisée. Presse, proches, curieux : le tribunal déborde. Et Koba LaD, vêtu d’un survêtement gris, traverse l’assemblée encadré par des agents. La lecture des faits, implacable, ne laisse pas de place au doute. Ce soir de septembre, le rappeur roule à plus de 110 km/h (au lieu des 80 autorisés) et percute un poids lourd après avoir perdu le contrôle de sa voiture en se rabattant vers une station-service. William Dogbey meurt sur le coup. La compagne de la victime, passagère, survit mais reste traumatisée. Koba LaD, lui, quitte le véhicule et appelle ses proches. Il ne s’inquiète ni de Laura*, ni de son ami mourant. Pire, il est soupçonné d’avoir filmé le corps. Et d’avoir demandé au chauffeur du camion de mentir sur l’identité du conducteur.

Un choc, des silences et des tentatives d’influence

Face au tribunal, le rappeur multiplie les excuses. Il admet sa responsabilité. « C’est ma faute. J’ai mal dormi depuis ce jour. J’ai perdu un ami. » Il reconnaît aussi avoir conduit trop vite, tout en niant avoir consommé du cannabis. Une défense fragile : les analyses révèlent une présence de THC dans son sang. Il affirme une exposition passive, dans un studio où d’autres fumaient. « Vous aviez consommé du cannabis dix jours avant », rétorque la présidente. L’expertise est formelle : la prise remonte à moins de 12 heures avant l’accident. Le comportement du rappeur dans les heures qui suivent le drame interroge tout autant que sa vitesse. Les messages supprimés, les appels passés dans la foulée, les tentatives supposées de manipulation du témoignage de Laura : tout pèse contre lui. La jeune femme affirme avoir été approchée, influencée, minimisée dans ses premières déclarations. Elle raconte ses neuf mois de silence, sa détresse, et accuse : « Cet accident m’a laissée brisée. »

Une audience houleuse

Le ton monte lorsque l’avocate des proches de la victime lui rappelle qu’il n’y a pas eu « une erreur », mais une mort. Koba s’emporte : « On dirait que je suis un criminel. » La présidente recadre sèchement. Lorsqu’il évoque Laura, les mots deviennent virulents. Il nie, accuse, tente de discréditer. Mais les faits sont là, froids, indiscutables. Les proches de William Dogbey, eux, attendent des réponses. Sa sœur refuse le pardon. Sa compagne lit, en pleurs, une lettre bouleversante : « William croyait en toi. J’aurais aimé que tu sois à la hauteur. » L’émotion est brutale, sans pathos, chargée de colère et de regrets. Le parquet avait requis sept ans. Le tribunal prononce six ans de prison ferme, l’annulation du permis de conduire et l’interdiction de le repasser pendant dix ans. Une peine lourde, mais en deçà de ce que certains attendaient. Une condamnation à la hauteur d’une tragédie née de l’inconscience et d’un volant mal tenu.

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