Une enquête judiciaire a été ouverte en Gironde après le dépôt de plusieurs plaintes visant des faits présumés de violences physiques et sexuelles survenus au collège Rambaud, à La Brède, au milieu des années 1970. Plus de cinquante ans après les faits dénoncés par d’anciens élèves, la justice cherche désormais à établir précisément ce qui s’est déroulé dans cet établissement privé catholique, alors exclusivement réservé aux garçons.
Selon les informations confirmées par le parquet de Bordeaux, l’enquête fait suite à des témoignages recueillis auprès d’anciens pensionnaires du collège, qui accueillait à l’époque un peu plus de 300 élèves. Les faits signalés évoquent des violences physiques répétées, s’inscrivant dans un climat de discipline particulièrement dur, mais aussi des agressions sexuelles présumées impliquant au moins deux surveillants de l’établissement. Ces derniers sont aujourd’hui décédés.
Au moins trois anciens élèves ont formellement déposé plainte auprès du procureur de la République. Leurs récits convergent sur l’existence de pratiques violentes sur une période prolongée, dans un contexte éducatif marqué par l’autorité et l’absence de remise en cause des méthodes employées. Les témoignages évoquent des faits qui auraient profondément marqué les victimes et laissé des séquelles durables, malgré le silence qui les a entourés pendant des décennies.
Un signalement récent à l’origine de la procédure
L’alerte ayant conduit à l’ouverture de l’enquête remonte à 2025. Un ancien élève a alors pris contact avec la direction actuelle du collège Rambaud, situé à La Brède, pour faire état de ce qu’il affirme avoir subi dans les années 1970. À la suite de ce signalement, l’établissement a saisi la Direction diocésaine de l’enseignement catholique de Gironde, qui a confirmé avoir transmis les éléments au procureur de la République.
L’enquête a été officiellement ouverte le 30 janvier dernier et confiée à la compagnie de gendarmerie de Mérignac. Les enquêteurs sont chargés de recueillir les témoignages, de reconstituer le fonctionnement de l’établissement à l’époque et d’évaluer la nature exacte des faits dénoncés, même si les personnes mises en cause ne peuvent plus être entendues.
Sur le plan strictement pénal, les faits sont aujourd’hui prescrits. En droit français, les violences et agressions sexuelles dénoncées, commises il y a plus d’un demi-siècle, ne peuvent plus donner lieu à des poursuites judiciaires. Le parquet l’a confirmé, rappelant que l’enquête vise avant tout à établir la réalité des faits signalés et à répondre à une exigence de reconnaissance pour les victimes.
Cette procédure s’inscrit dans un mouvement plus large de libération de la parole concernant des violences anciennes commises dans des institutions éducatives ou religieuses. Si elle ne débouchera pas sur un procès pénal, l’enquête judiciaire permet néanmoins de documenter des pratiques passées et de donner une existence officielle à des récits longtemps restés enfouis. Pour les anciens élèves concernés, il s’agit avant tout d’une étape symbolique, visant à faire reconnaître ce qu’ils affirment avoir subi dans un cadre éducatif censé les protéger.