ecoles-et-colleges-francais-de-Barcelone
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L’affaire avait suscité l’effroi et l’indignation. Deux ans après la première plainte déposée pour des agressions sexuelles présumées sur des enfants de la maternelle du Lycée français de Barcelone (LFB), l’enquête patine et le principal suspect demeure libre. Un immobilisme qui plonge les familles dans la frustration et l’incompréhension.

Tout commence en septembre 2022, lorsque les parents d’une fillette de 5 ans perçoivent des comportements inhabituels. Face à leurs inquiétudes, la direction de l’établissement tente d’éteindre leurs doutes, qualifiant ces gestes d’anodins. Mais quelques mois plus tard, l’enfant brise le silence et décrit les agissements d’un homme « grand, fort, souvent habillé en orange », qui l’entraînait avec d’autres enfants dans les toilettes, leur imposant des gestes inappropriés et les menaçant.

L’alerte est donnée en mars 2023. Les policiers des Mossos d’Esquadra arrêtent rapidement un suspect, Samuel R., un employé de la cantine sous-traitée par l’entreprise Serunion. L’homme, souffrant d’un léger retard mental, est placé en détention préventive en juin avant d’être libéré un mois plus tard, sous contrôle judiciaire. Une libération qui laisse les familles dans l’inquiétude, d’autant que l’enquête semble depuis s’être enlisée.

Malgré six plaintes déposées et des expertises médico-légales effectuées, l’instruction est au point mort. Des témoins clés, notamment du personnel du Lycée français, n’ont toujours pas été entendus. « L’affaire est complètement paralysée au tribunal », déplore l’avocat de plusieurs victimes, dénonçant l’inertie de la justice espagnole.

Face à ce blocage, les familles ont également porté l’affaire devant le parquet de Paris, espérant une réponse judiciaire pour non-dénonciation de crimes à l’encontre de certains employés du LFB. Mais là encore, l’attente se prolonge. « Nous n’avons aucune nouvelle », confie Maître Emmanuel Molina, avocat engagé dans le dossier.

Pendant que la machine judiciaire s’enlise, les familles tentent de se reconstruire. Certaines ont choisi de rester à Barcelone, d’autres ont préféré s’exiler, loin du souvenir traumatisant. Pour l’heure, l’avenir du dossier demeure incertain, et avec lui, l’espoir de voir un jour éclater la vérité.

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