Abdallah II, lors de sa rencontre avec al-Sharaa, condamne les attaques israéliennes contre les territoires syriens
Abdallah II, lors de sa rencontre avec al-Sharaa, condamne les attaques israéliennes contre les territoires syriens

Le roi Abdallah II, lors de sa rencontre avec le président syrien Ahmad al-Sharaa à Amman mercredi, a condamné les attaques israéliennes contre les territoires syriens, soulignant le soutien de la Jordanie à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Syrie.

Avant la visite du président syrien Ahmad al-Sharaa, le gouvernement jordanien avait publié une déclaration « saluant la tenue de la conférence du dialogue national syrien et ses résultats, comme une étape importante vers la reconstruction de la Syrie sur des bases garantissant son unité, sa souveraineté et sa stabilité, tout en assurant la pérennité de ses institutions et la réalisation des aspirations du peuple syrien frère ».

Le roi Abdallah II a accueilli le président syrien Ahmad al-Sharaa à Amman, mercredi, affirmant le soutien de la Jordanie aux Syriens pour reconstruire leur pays à travers un processus impliquant toutes les composantes de la société, garantissant ainsi l’unité, la sécurité et la stabilité de la Syrie.

Lors de la rencontre, les deux dirigeants ont discuté des opportunités de renforcer la coopération et d’atteindre des accords communs pour augmenter et maintenir la coordination sur divers fronts, en vue de réaliser les intérêts communs et de renforcer l’unité arabe. Il a été également souligné la profondeur des relations fraternelles et la volonté d’élargir la coopération dans les domaines du commerce, de l’énergie et de l’eau.

Le roi Abdallah II a salué les résultats de la conférence du dialogue national syrien, les qualifiant d’une étape importante pour reconstruire la Syrie de manière à répondre aux attentes du peuple syrien. Il a insisté sur la nécessité d’une coordination étroite entre les deux pays pour faire face aux défis liés à la sécurité des frontières, à la lutte contre le trafic d’armes et de drogues, tout en soulignant l’importance du retour de la Syrie à son rôle actif dans son environnement arabe.

Le roi a également souligné la nécessité de créer des conditions favorables au retour volontaire et sécurisé des réfugiés syriens dans leur pays. Il a condamné les attaques israéliennes contre les territoires syriens, réaffirmant le soutien du royaume à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la Syrie.

De son côté, le président syrien a exprimé sa gratitude pour la position de la Jordanie, soutenant les efforts de reconstruction de la Syrie et préservant son unité, sa sécurité et sa stabilité.

Le ministère jordanien des Affaires étrangères avait publié une déclaration réaffirmant le soutien de la Jordanie à la Syrie, prête à fournir tout ce qu’il peut au peuple syrien pour surmonter la phase de transition et reconstruire une Syrie libre, stable et souveraine, à travers un processus syrien-syrien impliquant toutes les composantes du peuple syrien et préservant tous leurs droits.

Le sud de la Syrie : une inquiétude partagée

Le communiqué officiel n’a pas précisé les détails des discussions entre le roi jordanien et le président syrien, qui se sont déroulées à deux niveaux : d’abord en tête-à-tête, puis en élargie avec la délégation syrienne. La visite a duré environ deux heures, selon des sources bien informées de « Asharq Al-Awsat ».

Les mêmes sources ont indiqué que les discussions avec le nouveau président syrien, qui a visité la Jordanie pour la première fois après la fuite du régime d’Assad, se sont concentrées sur la question du sud de la Syrie, un sujet d’inquiétude partagée entre les deux pays, en particulier à la lumière des récentes attaques israéliennes et de leurs tentatives d’imposer une nouvelle réalité militaire en occupant des zones du sud de la Syrie.

Le sud de la Syrie reste un dossier délicat en raison des complications récentes imposées par Israël, alors que des factions armées sont toujours présentes dans différentes régions et pourraient se déplacer dans tout scénario de chaos potentiellement provoqué par Tel-Aviv.

Les relations jordano-syriennes ont été instables sous les régimes de Hafez et Bachar al-Assad, marquées par plus d’années de tensions que d’années de relations équilibrées. On se souvient que Bachar al-Assad a visité Amman à trois reprises pendant son mandat depuis 2000, la dernière visite ayant eu lieu en 2009.

Lorsque la crise syrienne a éclaté en 2011, le roi jordanien a envoyé son conseiller, le Dr Khaled al-Kurki, avec un message oral invitant Assad à entamer des réformes politiques dans son pays, répondre aux demandes des manifestants, et éviter des scénarios de déstabilisation de la sécurité syrienne à cause des interventions extérieures.

En ce qui concerne le sud syrien, la Jordanie a souffert d’une crise aux frontières nord qu’elle surveillait seule, au milieu des mouvements d’importantes milices affiliées au Hezbollah et à l’Iran, ainsi que des perturbations causées par les activités de la 4e division de l’armée syrienne dirigée par Maher al-Assad, le frère du président syrien.

Depuis 2018, la production de grandes quantités de drogues dans des usines du sud syrien a transformé le trafic d’armes et de drogues via la Jordanie en un danger quotidien pour les forces de garde-frontières, qui ont adapté leurs règles d’engagement contre les trafiquants après plusieurs tentatives d’attaques terroristes sur le territoire jordanien et des cibles militaires.

Bien que la Jordanie soutienne officiellement certaines tribus du sud syrien, cela reste insuffisant face à la taille du chaos dans des zones proches de la frontière, avec des luttes internes entre milices sectaires et une forte présence de l’organisation terroriste Daech. Cependant, ces milices sont unies dans un seul objectif : empêcher l’établissement de bases de sécurité et de stabilité en Syrie.

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