C’est une affaire aussi embarrassante que préoccupante pour la mairie de Sannois (Val-d’Oise). Une vidéo intime du maire Bernard Jamet, 68 ans, circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux et des messageries privées. L’élu, qui apparaît en train de se masturber, a reconnu les faits et se dit victime d’un chantage orchestré par un réseau d’escrocs en ligne. Dans une lettre adressée à l’ensemble du conseil municipal le 7 mai, que nous avons pu consulter, l’élu se présente comme la cible d’une arnaque à la « sextorsion » : « J’ai été piégé par une personne se présentant comme une restauratrice suédoise, très au fait de la vie locale. Elle m’a contacté à plusieurs reprises en avril via les réseaux sociaux. Lors d’un appel vidéo non sollicité, elle a initié un échange sexuel virtuel auquel j’ai répondu. Cette séquence, enregistrée à mon insu, a immédiatement servi de support à un chantage financier. »
Une vidéo largement partagée
La vidéo, d’une nature explicite, a depuis été largement diffusée, de proche en proche, sur plusieurs plateformes et dans des groupes de discussion. Le maire affirme avoir immédiatement déposé plainte, dénonçant une tentative d’extorsion organisée par des « brouteurs », nom donné à ces cyber-escrocs souvent basés à l’étranger et spécialisés dans les pièges sentimentaux à distance. Le parquet de Pontoise a été saisi, mais à ce stade, aucune interpellation n’a été signalée. L’enquête devra notamment déterminer l’origine des connexions et l’éventuelle implication d’un réseau structuré, comme cela est souvent le cas dans ce type d’affaire.
Appel à la vigilance
Dans son courrier aux élus, Bernard Jamet exprime « sa honte et son regret », tout en rappelant le caractère frauduleux de la situation. Il demande à ses collègues de faire preuve de discernement et de ne pas relayer davantage ces contenus. L’affaire, bien que personnelle, s’inscrit dans une vague plus large de cyber-escroqueries touchant de plus en plus d’élus, de cadres et d’anonymes. Pour les forces de l’ordre, ce type de dossier est désormais traité comme une forme d’agression numérique, et les victimes sont encouragées à ne jamais céder au chantage. L’entourage du maire n’a pas fait de commentaire à ce stade, tandis que l’élu continue d’exercer ses fonctions.