Coup de théâtre dans l’affaire Jubillar ! La compagne actuelle de Cédric Jubillar, Séverine, aurait rapporté aux enquêteurs des confidences glaçantes faites par son compagnon concernant la disparition de Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn). D’après ses déclarations, Cédric lui aurait expliqué en détail comment il aurait étranglé Delphine, par derrière, avant de lui révéler l’endroit exact où il aurait enterré le corps. Ce lieu, selon lui, aurait été préparé avant même le passage à l’acte. Il aurait également menacé Séverine en lui déclarant : « Je l’ai déjà fait une fois, je peux le faire deux fois, mais si tu ne me trompes pas, tu n’as rien à craindre. »
Ces propos ont été enregistrés par les enquêteurs dans le cadre de l’information judiciaire. Ils auraient été tenus entre décembre 2020 et juin 2021, période durant laquelle Séverine était en couple avec Cédric et faisait partie de son cercle proche. Elle avait d’ailleurs été placée en garde à vue en décembre 2021 pour recel de cadavre, avant d’être remise en liberté faute de preuve directe.
Un témoignage qui relance l’enquête
Ces éléments sont considérés par les enquêteurs comme des aveux indirects. Ils viennent s’ajouter aux déclarations d’un ancien codétenu de Cédric Jubillar, qui affirmait lui aussi que ce dernier lui avait révélé avoir tué son épouse et dissimulé son corps à proximité d’une ferme isolée, aujourd’hui incendiée. Cette zone avait fait l’objet de recherches approfondies par les gendarmes en 2022, sans que le corps de Delphine ne soit retrouvé.
Le lieu mentionné par Séverine dans ses déclarations correspondrait à cette même ferme abandonnée, ce qui conforte les enquêteurs dans l’idée que Cédric pourrait avoir prémédité l’acte. Le fait qu’il ait évoqué la possibilité de récidiver en cas de trahison amoureuse renforce également le caractère potentiellement dangereux de l’accusé.
Une procédure judiciaire toujours en cours
Cédric Jubillar a été mis en examen pour homicide volontaire sur conjoint en juin 2021. Il est depuis incarcéré à la maison d’arrêt de Seysses, près de Toulouse, où il continue de clamer son innocence. La chambre de l’instruction a confirmé en septembre 2024 son renvoi devant la cour d’assises pour être jugé pour le meurtre de son épouse. Son procès est prévu pour la fin de l’année 2025.
L’accusation repose aujourd’hui sur un faisceau d’indices : des incohérences dans les premières déclarations de Cédric, des données extraites de son téléphone et de son podomètre la nuit de la disparition, ainsi que les témoignages indirects de proches et d’anciens codétenus. L’absence du corps reste cependant un obstacle majeur pour les enquêteurs, malgré des fouilles multiples dans les environs de Cagnac-les-Mines et dans le Tarn.
Une affaire toujours sans corps
Près de cinq ans après la disparition de Delphine Jubillar, infirmière et mère de deux enfants, l’affaire demeure sans résolution définitive. Le témoignage de Séverine pourrait toutefois renforcer le dossier à charge si des vérifications sur le terrain venaient confirmer ses dires. En l’absence de preuve matérielle directe, la justice s’appuie sur un ensemble de faits convergents qui pourraient suffire à convaincre les jurés lors du procès.