Le rappeur Booba se présente ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris, poursuivi pour des faits d’injures publiques à caractère discriminatoire visant la journaliste Linh‑Lan Dao et l’essayiste Tristan Mendès France, ainsi que pour cyberharcèlement aggravé concernant la journaliste.
Les faits reprochés à Booba
Les accusations concernent des publications diffusées en janvier 2024 sur le réseau social X. À l’encontre de Linh‑Lan Dao, il est reproché au rappeur d’avoir proféré des injures liées à son origine, tandis que les propos visant Tristan Mendès France comporteraient des allusions antisémites, notamment des expressions et images associant l’essayiste à un tueur en série, ce qui aurait provoqué un flot massif de commentaires antisémites.
Booba avait été convoqué en septembre 2025 et placé sous contrôle judiciaire. Il lui est interdit tout contact avec les plaignants et il a versé une caution pour rester libre en attendant son procès. L’affaire est examinée par la 17ᵉ chambre du tribunal correctionnel de Paris, spécialisée en droit de la presse. Ses avocats ont précisé que le rappeur resterait silencieux jusqu’à l’audience et se disait « parfaitement serein ».
«Le harcèlement subi et les injures à raison de son origine ne peuvent rester impunis»
L’avocate de Linh‑Lan Dao a indiqué que sa cliente se constituerait partie civile, estimant que « le harcèlement subi et les injures à raison de son origine ne peuvent rester impunis ». Tristan Mendès France, de son côté, ne se portera pas partie civile, mais a insisté sur le caractère antisémite des réactions suscitées par les publications du rappeur.
Le tribunal devra déterminer si les propos incriminés constituent bien des injures discriminatoires et du cyberharcèlement aggravé, et prononcer, le cas échéant, les sanctions prévues, incluant des peines d’emprisonnement, des amendes et des dommages à verser aux victimes.