Le nombre de pharmaciens inscrits à l’ordre a connu une progression de 2,7 % en dix ans, selon le bilan 2024 publié début juin. Cette augmentation, bien que modeste, s’accompagne d’un autre indicateur encourageant : la base de la pyramide des âges s’élargit, traduisant une plus forte présence de jeunes professionnels dans le secteur. En 2024, 75 080 pharmaciens étaient enregistrés, soit une hausse continue amorcée depuis deux ans. Les moins de 50 ans représentent désormais plus de 60 % des effectifs, contre 55,6 % en 2014. Cette évolution se reflète tout particulièrement dans la tranche des 30-44 ans, avec une augmentation marquée chez les femmes, notamment dans la catégorie des 35-39 ans, qui compte désormais plus de 7 000 pharmaciennes, contre moins de 6 000 une décennie plus tôt.
Des chiffres contrastés selon les secteurs
L’âge moyen reste stable sur l’ensemble de la profession : 46,4 ans en 2024, contre 46,6 en 2014. Toutefois, des disparités se dessinent selon les domaines d’exercice. L’industrie affiche la moyenne d’âge la plus basse, à 42 ans, suivie des pharmaciens adjoints d’officine (44,4 ans) et de ceux exerçant en Outre-mer (45,3 ans). Les pharmaciens en établissements de santé ou dans les services de secours affichent un âge similaire. À l’inverse, la moyenne grimpe à 49,1 ans chez les titulaires d’officine, soit un an de plus qu’en 2014, et atteint 49,6 ans chez les biologistes médicaux. Parallèlement, la proportion de professionnels de 60 ans et plus augmente, passant de 13,6 % à 18,4 % en dix ans, conséquence directe de l’allongement des carrières. Malgré cette dynamique rajeunissante, l’ensemble reste fragile. Les difficultés de recrutement persistent, illustrées par plus d’un millier de places vacantes à la rentrée 2023. Cette situation met en lumière la nécessité d’une meilleure lisibilité des parcours et d’une attractivité renforcée des filières, afin de consolider durablement ce renouvellement générationnel amorcé.