Incendie à Marseille : la menace invisible des fumées sur la santé
Incendie à Marseille : la menace invisible des fumées sur la santé

Alors que Marseille s’est réveillée sous un ciel plus clair ce 9 juillet, les habitants gardent en mémoire les images apocalyptiques de la veille : un immense panache de fumée, des odeurs âcres et plus de 750 hectares de végétation partis en fumée entre Les Pennes-Mirabeau et la cité phocéenne. Si l’incendie n’a fait aucune victime directe, les services de secours ont pris en charge au moins 110 personnes, essentiellement incommodées par les fumées. Un impact sanitaire immédiat et peut-être durable. Les capteurs d’AtmoSud ont enregistré, au plus fort de l’incendie, des concentrations de particules fines dix fois supérieures aux seuils journaliers autorisés. Ces microparticules, invisibles à l’œil nu, pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire. Les symptômes constatés vont de simples irritations à des troubles cardiovasculaires, en particulier chez les plus vulnérables. Les urgences marseillaises ont d’ailleurs vu affluer de nombreux patients, notamment des personnes asthmatiques, sujettes à des « exacerbations » selon le Pr Pascal Chanez, pneumologue à l’université d’Aix-Marseille.

Un risque sanitaire sous surveillance prolongée

Même si les vents ont dissipé le nuage et que le confinement imposé dans les quartiers nord et à Pennes-Mirabeau a été levé, les professionnels de santé restent vigilants. L’inhalation massive de fumées, comme celles générées par ce feu de forêt, est connue pour provoquer à moyen terme une hausse des infarctus et des maladies respiratoires chroniques. L’alerte est donc maintenue dans les secteurs encore exposés. Les autorités recommandent de rester à l’abri si la fumée revient, de limiter les activités extérieures, de fermer les fenêtres et de filtrer l’air intérieur autant que possible. Les personnes fragiles, enfants, personnes âgées ou souffrant de pathologies respiratoires, doivent redoubler de prudence et porter un masque FFP2 en cas d’exposition. En cas de gêne respiratoire, il est conseillé de consulter un médecin ou de composer le 15. Ce que les flammes laissent derrière elles n’est pas toujours visible. Mais dans les bronches des Marseillais, l’incendie pourrait encore faire sentir ses effets bien après que les cendres se soient refroidies.

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